Les deux chevaux de mon oncle 2/4

Publié le par aben

 Qui se souvient encore du temps des vaches à cornesJe reviens à la photo :
Délabré le mur...?
Non, un peu d'usure du temps qu'on appelle "patine". Les trous carrés du haut sont exprès, pour l'aération. On voit bien le volet qui pourrait les fermer si c'était nécessaire. Sauf que si on les fermait les hirondelles ne pourraient plus venir bâtir leurs nids, couver leurs œufs et nourrir leurs petits. Les palessons apparents ? Ne dirait-on pas aujourd'hui coquetterie d'architecte...?
Pour l'essentiel, pour le maintien en l'état, on a cloué des planches juste au dessus du niveau de l'auge, à hauteur des cornes d'une tête de vache qui boit.

J'oubliais de dire pour les plus jeunes : les vaches de quand j'étais enfant avaient des cornes. Si ! Ca peut étonner aujourd'hui mais pourtant c'est vrai ! Elles naissaient sans, pour ne pas faire mal à leur mère en tétant, mais dès qu'elles pouvaient se passer de pis, il leur en poussait.
Comme il pousse du poil au menton des garçons et de la poitrine aux filles,
Et savez-vous pourquoi les vaches avaient des cornes, qui nous semblaient naturelles autrefois, et n’en on plus aujourd’hui... ?

C’est une toute autre histoire que celles des deux chevaux de mon oncle. Que je veut bien vous raconter ici, mais juste en parenthèse. En espérant ne pas vous faire perdre le fil de l'autre histoire, qui est beaucoup plus importante, celle des deux chevaux de mon oncle.
Alors voilà. Autrefois, pour avoir un veau, il fallait une vache et un taureau. Pour avoir plusieurs veaux, il fallait plusieurs vaches mais toujours un seul taureau.
Dans la cour, pareil. On ne comptait qu'un coq là on l'on voyait sept poules. Cela suffisait pour que les œufs deviennent poussins. Et pareil dans les clapiers, le mâle étant plus rapide à procréer que la femelle, on ne lui laissait à vivre que le temps qu’il atteigne le poids marchand. Pourquoi nourrir des mâles qui ne pondent pas, ne donnent pas  de lait ni ne font de petits… et qui mangent tout autant… ?

Des taureaux, il en fallait encore beaucoup moins que des coqs pour saillir les femelles. Même pas un par ferme. Dans le village, il pouvait bien y en avoir trois ou quatre, mais pas plus, pour une bonne quinzaine de troupeaux.
On les voyait aller livrer leur semence, de ferme en ferme, à pieds le plus souvent - le village n’est pas grand - un anneau dans les trous de naseaux, relié à une courte longe tenue serrée par le maître, d'où l'expression : tenir de main de maître.
Un maître tout aussi fier que la bête. Qui paradait un peu au milieu de la chaussée. Regardait amusé s'écarter les dames sur son passage.  Les saluait d'un sourire satisfait en levant son chapeau sans lâcher l'animal, avec lequel il semblait ne faire qu'un...
Inutile de graver sur le front du taureau : « Je sème à tout vent » tant l'équipée était parlante.

Normal dans ces conditions que des cornes soient poussées sur la tête des vaches… Non ?
Saillie par une bête de concours, peut-être, mais qui se montrait tout aussi généreuse avec tellement d'autres que ce n'en était pas mystère : le taureau inséminateur trompait éhontément son monde !

Et normal aussi qu’aujourd’hui il en soit fini de cette marque d’infamie : chacune reçoit la petite graine d’une éprouvette individuelle. Le papa de chaque veau est son papa à lui sans être le papa des autres.
Sa maman peut passer la porte de l'étable tête haute.
Fini le temps des gigolos… 

                                                                                            à suivre....

Publié dans Témoignage

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dana 03/03/2007 10:34

Encore une fois, merci pour cette lecture ... bon week end

Martine de Brest 03/03/2007 07:04

Très drôle comme version !
Bonne journée

christian et renee :0027: 03/03/2007 00:02

HA ces belles vacances à la ferme , cher ANDRE-ABEN , j'avais 15 ans et tous les été j'allais à LINDRE-HAUTE et à DIEUZE pour les vacances , et j'étais tombée follement amoureuse de mon cousin que je trouvais beau comme un ange avec sa chevelure blonde dorée autour de la tête .Mais tout ça m'est passé et reste d'excellents souvenir.Bisous à bientôt , les marseillais.Mamiekéké et cricri d'amour.

Yves Lafont 02/03/2007 20:59

Bonjour ABEN,Tes souvenirs détaillés et imagés sont tout à fait passionnants, et ta mémoire ne te fait pas défaut !Merci de ce partage d'une partie de ta vie, remplie d'humanité et de sensibilité.AmitiésYVES

François 02/03/2007 17:01

C'est bien dommage pour les taureaux et ce n'est pas forcément mieux pour les vaches, tout est artificiel dans le monde moderne.BEURK