C'est moi

 

 

Texte Libre

 

Mardi 9 mai 2006

Dans la vie faut pas s’en faire  

 

De Mistinguett à Chevalier 

 

On ne fait pas que pleurer entre les deux guerres 
La liaison de Mistinguett et de Maurice Chevalier, qui date de 1911, se relâche durant les deux années de captivité du jeune chanteur. « Momo », prisonnier tout ce temps en Allemagne, entre 1914 et 1916, la Miss déjà star et lui seulement chanteur connu, les liens se distendent. C’est seulement après son retour, qu’avec sa compagne il accède aux scènes les plus prestigieuses.  

 

En 1920, Mistinguett chante « Mon homme ». (Celui qu’elle a tellement dans la peau) avec un partenaire oublié : Harry Pilcer. En 1921, alors qu’on est toujours entre les deux guerres mais bien loin de la seconde, Maurice Chevalier rassure les Français en affirmant de sa voix gouailleuse : « Dans la vie faut pas s’en faire »  

 

En sortant du trente et quarante, 
Je ne possédais plus un radis 
De l’héritage de ma tante. 
Tout autre que moi se serait dit : 
Je vais me faire sauter la cervelle, 
Me suicider d’un coup de couteau 
M’empoisonner, me fiche à l’eau, 
Enfin des morts bien naturelles 
Mais voulant finir en beauté, 
Je me suis tué à répéter :  

 

Dans la vie faut pas s’en faire, 
Moi je n’m’en fais pas 
Toutes ces petites misères 
Seront passagères 
Tout ça s’arrangera. 
Je n’ai pas un caractère 
A m’faire du tracas 
Croyez-moi sur terre 
Faut jamais s’en faire, 
Moi je n’m’en fais pas

Je rentre à Paris mais mon notaire
M'annonce : votre père plein d'attention
Vous colle un conseil judiciaire
Et vingt cinq louis par mois de pension
Et comme je ne vois plus personne
Dont vous puissiez être héritier
Faut travailler prendre un métier
C'est le conseil que je vous donne
Uniquement vous voudriez
Que je vole le pain d'un ouvrier

Dans la vie faut pas s’en faire, 
Moi je n’m’en fais pas 
Toutes ces petites misères 
Seront passagères 
Tout ça s’arrangera. 
Je n’ai pas un caractère 
A m’faire du tracas 
Croyez-moi sur terre 
Faut jamais s’en faire, 
Moi je n’m’en fais pas

Paroles de A.WILLEMETZ, musique de H.Christiné 


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Jeudi 27 avril 2006

 Les roses blanches   

Comme les chantait ma Maman 
 

Elle avait un joli filet de voix, ma mère. Elle et une de ses sœurs ne manquaient jamais, au dessert d’un repas de mariage, de nous offrir de les écouter. Elles chantaient des chansons de leur temps, le temps d’entre les deux guerres : « Parlez-moi d’amour » immortalisé en 1930 par Lucienne Boyer, « Les roses blanches » avec lesquelles Berthe Sylva, dès 1926, avait tant fait pleurer dans les chaumières… 

Mais entrez donc, je vous laisse là, sur le pas de la porte alors qu’on est si bien à l’intérieur: vous arrivez à la fin du repas. Les desserts sont desservis, les hommes ont sorti leur tabac gris, qu’ils roulent dans leur papier « zig-zag » ou « riz la croix », ou qu’ils enfournent dans leur pipe. Certains s’appliquent à couper le bout de leur cigare de jour de fête qu’ils tiennent de leurs gros doigts boudinés de charretiers…  

Les verres à goutte attendent qu’on serve le café…  

A la demande générale : « Une chanson ! Une chanson ! Une chanson !... » ma Maman vient de se lever.  

Préparez vos mouchoirs, la magie peut encore opérer : 

 

C’était un gamin, un gosse de Paris,  

Pour famille il n’avait qu’sa mère,  

Une pauvre fille aux grands yeux rougis  

Par les chagrins et la misère  

Elle aimait les fleurs, les roses surtout,  

Et le cher bambin tous les dimanches  

Lui apportait de belles roses blanches,  

Au lieu d’acheter des joujoux.  

La câlinant bien tendrement,  

Il disait en les lui donnant : 

 

C’est aujourd’hui dimanche, tiens ma jolie maman,  

Voici des roses blanches, toi qui les aimes tant.  

Va quand je serai grand, j’achèterai au marchand  

Toutes ses roses blanches, pour toi jolie maman.   



Au printemps dernier, le destin brutal 
 

Vint frapper la blonde ouvrière :  

Elle tomba malade et pour l’hôpital,  

Le gamin vit partir sa mère.  

Un matin d’avril parmi les promeneurs,  

N’ayant plus un sou dans sa poche,  

Sur un marché tout tremblant le pauvre mioche  

Furtivement vola des fleurs.  

La marchande l’ayant surpris,  

En baissant la tête il lui dit :  

 

C’est aujourd’hui dimanche et j’allais voir maman.  

J’ai pris ces roses blanches, elle les aime tant,  

Sur son petit lit blanc, là-bas elle m’attend.  

J’ai pris ces roses blanches, pour ma jolie maman.  

La marchande émue, doucement lui dit :   

« Emporte-les, je te les donne»  

Elle l’embrassa et l’enfant partit,  

Tout rayonnant qu’on lui pardonne.  

Puis à l’hôpital il vint en courant,  

Pour offrir les fleurs à sa mère.  

Mais en le voyant, une infirmière  

Tout bas luis dit : « tu n’as plus de maman. »  

Et le gamin s’agenouillant dit  

Devant le petit lit blanc : 

 

C’est aujourd’hui dimanche, tiens ma jolie maman,  

Voici des roses blanches, toi qui les aimais tant.  

Et quand tu t’en iras, au grand jardin là-bas,  

Toutes ces roses blanches, tu les emporteras.  
 

Paroles de C-L Pothier, musique de L.Raiter 

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Vendredi 21 avril 2006

L’Histoire en chansons… 
Rubrique aléatoire  

 

On se souvient de ce que le gai rossignol et le merle moqueur du Temps des Cerises ne sont pas les témoins d’histoire d’amour mais bien d’Histoire tout court.
Mais en détail… ?
Eh bien voilà :  

 

C’est un certain Jean-Baptiste Clément qui écrivit les paroles, en 1866. Antoine Renard les mettra en musique en 1867, la chanson devient alors l’hymne des révolutionnaires de la Commune de Paris…  

 

L’auteur va la dédicacer à la « vaillante citoyenne Louise » qui n’est autre que Louise Michel, surnommée alors la « Vierge rouge de la Commune »  

 

Militant socialiste, le sieur Clément commence sa carrière politique dans la presse. Orateur enflammé, il sait aussi convaincre les foules. Devenu Maire de Montmartre en succèdant à Georges Clemenceau, il prend une part active aux barricades de la « Semaine sanglante »…  

 

« Le Temps des Cerises »…? Qu’en termes poétiques l’appel au sang nous est conté !   

 

 Musique maestro :

 

 

 

 

Quand nous chanterons le temps des cerises 
Le gai rossignol et le merle moqueur 
Seront tous en fête 
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur. 
Quand nous en serons au temps des cerises 
Sifflera bien mieux le merle moqueur  

 

Mais il est bien court le temps des cerises 
Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant 
Des pendants d’oreilles 
Cerises d’amour aux robes pareilles 
Tombant sous la feuille en gouttes de sang. 
Mais il est bien court le temps des cerises 
Pendant de corail qu’on cueille en rêvant  

 

Quand vous en serez au temps des cerises 
Si vous avec peur des chagrins d’amour 
Evitez les belles. 
Moi qui ne crains pas les peines cruelles 
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour. 
Quand vous en serez au temps des cerises 
Vous aurez aussi des chagrins d’amour. 

 

J’aimerai toujours le temps des cerises 
C’est de ce temps là que je garde au cœur 
Une plaie ouverte 
Et dame Fortune en m’étant offerte 
Ne saura jamais calmer ma douleur.

 

J’aimerai toujours le temps des cerises 
c'est de ce temps là que je garde au coeur
Une plaie ouverte
Et dame Fortune en m'étant offerte
Ne saura jamais calmer ma douleur.
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur. 

La semaine sanglante : 21-28 mai 1871

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Ma vie

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Et surtout :
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