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   Cuisine d'instinct  

La recette du week-end 

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A raison d'une recette par week-end, ça prendra du temps pour toutpublier .
N'hésitez-pas à me demander de vous en adresser une (ou plusieurs) en PJ par mail sans attendre

andretieno@cegetel.net (à recopier)

Témoignage

Mercredi 7 mars 2007

L'attelage en ligne

J’ai vous ai parlé des chevaux, des vaches écornées, du coq et de ses poules, de la naissance des lapins russes et du sort d’eunuques réservé aux mâles. Il me reste à vous présenter les deux chiens du paysage.
Un mâle et une femelle, mais pas en couple. L’un de garde du corps de ferme et l’autre pour les souris des champs. L’un logé en cabane, été comme hiver, la nuit comme le jour. Attaché à une chaîne à l’entrée de la cour. L’autre vivant à la maison, accompagnant le maître aux champs, deux pas derrière le pantalon de velours cotelé,  dormant la nuit dans la paille près des chevaux. A l'abri des intempéries, des pluies, du vent et des gelées.

Le gardien alertait volontiers. Un mouvement insolite, même au loin et tout de suite c’était l’alarme… « Il ne va pas se taire  ! » disait ma tante, le soir à la veillée, en aparté, mais assez fort pour que l'oncle l'entende et que sa voix de mauvaise humeur l'incite à sortir le sermonner : « Ca doit être un chat, ça va passer » lui répondait l’homme au repos après sa journée pour la faire patienter. Jusqu’à ce que ma tante ouvre une fenêtre et crie pour faire taire le chien  : « C’est pas bientôt fini ! T'as eu ta gamelle ! Couché… !  »  Des fois, ça marchait, des fois pas. Le plus souvent, l’oncle sortait calmer sa bête. Autant par des menaces de sanctions pour la gêne occasionnée que par des compliments pour le zèle à bien faire son métier.
Nous, les enfants, on n’avait pas le droit de s’en approcher. Il n’aurait pas mordu (enfin, je crois) mais il était si fou à tirer sur sa chaîne, courant en arc de cercle dans l’angle d’un mur et de la grille, autour de l’axe du piquet fixé au pied de la cabane, qu’il aurait pu nous faire tomber.

Mirette, c’était autre chose. La preuve, je me souviens de son nom. Une chienne âgée, qui ballottait ses mamelles sous un ventre distendu. Au champ, en hiver, au temps des labours, elle suivait l’oncle dans la roie, tout juste découpée par le coutre, ouverte et retournée par le soc de l'araire. Toujours à deux pas du bas de pantalon du maître. L’été,
c’était autre chose qui la faisait marcher : les souris découvertes sous les tas gerbes, cinq assemblées pour une pile, jusqu'à douze pour une potée ! Affolées ou aveuglées, les trottes menues ne trouvaient pas toutes assez vite la porte de leur maison souterraines.
En deux mots, voilà pour ce qui en était des chiens.

Un  tout petit dernier regard sur une dernière race d'utilitaires : les chats.
Nourris à la porte, mais à l'extérieur. Logés à leur gré, étable ou aire de grange, ils avaient à choisir et pouvaient découcher. Branche mineur de la communauté, on ne les approchait pas. La volonté était de les garder nature. Sans caresses ni ronrons qui vous gâche un chasseur. Leur raison d'être ? Les souris des bâtiments dont la régulation du nombre leur incombait.


Mais revenons aux chevaux.
Le cheval, à la ferme, c'est le vrai compagnon. Celui avec qui l'homme partage ses souffrances d'efforts, ses déceptions d'échecs, la fierté des réussites communes.
Le couple n'est pas sans anicroche. La bête est capable de se cabrer quand elle souffre d'injustice. Et le maître peut crier, menacer, si la tâche exige encore plus de l'animal.

Chez mon oncle comme le plus souvent chez d'autres, ça n'était pas le maître qui était exigeant, mais le travail. Aussi exigeant de l'homme que du cheval.  Encore que, malade ou blessé, on attendait du cheval qu'il guérisse avant de le remettre au travail. C'était un peu la raison d'être de l'arrivée de Mignonne, que ma tante lui reprochait quelquefois quand les fonds étaient au plus bas : "Avant d'acheter ta pouliche, tu y arrivais avec un seul cheval...! "
Oui, mais Lami s'était fait vieux, Mignonne était devenue nécessaire. 

L'homme, seul, ne pouvait pas toujours attendre de guérir. Qui aurait préparé la terre pour semer, semer pour faire pousser, dédoublé les betteraves à fourrage, butter les pommes de terre, faucher les récoltes... Et qui encore les aurait chargé au juste temps de leur murissement ?
Ma tante et les cousines ? Peut-être !
Mon oncle avait deux chevaux, la ferme n'avait qu'un maître

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par aben
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Lundi 5 mars 2007

Les lapins privés d'amours

Quand j'étais petit, je n'étais pas grand.
Ici endimanchés, ma cousine et moi devions avoir onze ans,
A peu de chose près l'âge de quand on avait aidé ma tante à faire le castrage de ses lapins.



"Taper de la patte comme un lapin", "chaud lapin", la réputation de virilité de l'animal mâle n'est pas usurpée. Sauf, pour en faire une viande tendre et généreuse, à le castrer.
Une fois durant les vacances d’été, ma tante avait à « s’occuper » de la virilité des jeunes lapins qui s’ébattaient dans la paille de l’enclos fait de planches de bois blanc dans l’écurie des chevaux (Ecurie des chevaux, étable des vaches, bergerie des moutons, poulailler des volailles, clapier des lapins et pourquoi pas pigeonnier  des pigeons pendant que j’y suis… ? Pléonasmes… ? Et alors ! Ca peut arriver, non ? La preuve !)

Elle commençait par installer des barrages pour diviser l’enclos en trois, poussait tous les lapins jusque là mélangés, garçons et filles non encore pubères, dans l’espace le plus grand.  Assise sur un tabouret à traire à trois pieds, le grand tablier de toile sur les genoux, la paire de vieux ciseaux en main, elle commençait par devoir nous attendre un peu. Pas longtemps, on n’était pas là pour s’amuser. Juste le temps qu’il fallait à deux gamins pour attraper un premier lapin qui refusait le plus souvent de participer.
Ce jour-là, ma cousine et moi, on était de la fête. A nous de présenter  les lapins blancs par les oreilles à la tante, verticalement et de dos. Pas pour qu’il ne voit pas les ciseaux, non, juste que c’était plus facile pour elle de les rabattre sur le tablier du bon côté et de les maintenir d’un bras ferme  pour ne pas se faire griffer. Tout à sa merci, ils ne leur restaient qu’à se laisser écarter les poils de l’entre pattes arrière pour décliner leur appartenance sexuelle : ablation ou pas, là était la question.
La réponse dépendait des attributs mis à nu, qui n’étaient pas sexes d’anges.
Les vierges blanches aussitôt rejetées dans l’une des deux surfaces disponibles, les émasculés blessés dans l’autre.
Chacun notre tour, ma cousine et moi, venions offrir à ma tante un nouveau  lapin de dos, qui subissait illico l'examen gynécologique pré-chirurgical. Pas d'anésthésie, d'anti-douleur, de psy, ni d'antiseptie, ma tante opérait à vif sans laisser au patient le temps d'avoir peur et apparemment sans trop le faire souffrir : sitôt aterri du bon côté de l'enclos, il reprenait ses occupations de façon qui semblait naturelle...

Pour ce qui est des ciseaux, j'ai dit qu'ils étaient vieux, c'est vrai. J'ajoute quand même qu'ils étaient entretenus : l’oncle les avait repassés sur la meule à eau quelques jours avant, en même temps que les couteaux de la cuisine. Je le sais, c’est moi qui tournais la manivelle de la meule. 
                                                                                    à suivre...

Par aben
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Samedi 3 mars 2007

 Les lapins de ma tante

La cour n'est pas très unie diront certains qui n'ont toujours vécu qu'en ville. C'est normal. La forme lui a été donnée par un lit de craie concassée, recouvert de cailloux, de tout-venant de rivière, terminé d'un peu de gravier, saupoudré de sable fin, tassée, damée, pour supporter les roues cerclées de fer des chariots les plus lourds qu'on appelait "camion". Demain, promis, je vous montrerai, celui de mon oncle.

Le désuni que l'on voit entraîne l'eau du trop plein et de la vidange de l'abreuvoir en un creux exprès. Plus loin. En contrebas. Au pied du tas de litières usagées qu’on appelait fumier. Un tas de pailles et de matières qui fermentaient, d’où montait la vapeur en hiver.
« Fumier », « purin », des mots communs, qui n’avaient rien d’insultant. Des noms de matières naturelles, régénératrices de terre et nourritures de plantes.
Des mots sortis du vocabulaire du monde agricole moderne. Qui s'est habitué à prononcer "Mosando" ou "Pechiney" et d'autres noms que le monde entier emploie comme ceux d'une langue maternelle. Les noms de l'industrie chimique qui sonnent mieux à l'oreille que purin et fumier. Et qui sentent moins mauvais. sans être meilleur à respirer... 
Les chimistes ont si bien packagé leurs mixtures qu'on les dirait plus saines que ce que sait faire la nature. Là où l’homme n’a pas d’intérêts roturiers, les plantes, les animaux meurent après leur vie. Et régénèrent les sols de la décomposition de leurs restes... 
Les engrais et autres pesticides chimiques, mieux présentés que le bouillon d’ortie, nous semblent plus anodins,
Passons.

Ce qu'on ne voit pas non plus, sur la photo, c'est l'intérieur de l'écurie.
Le long du mur de ce côté : rien ! Quelques balles de paille de réserve pour rafraîchir la litière, c'est tout. Autant dire : rien !
Contre le mur d'en face, la mangeoire. Sur toute la longueur. Et devant, moitié gauche, les stalles des deux chevaux, séparées d'un bat-flanc suspendu par deux chaînes. Moitié droite, un enclos fait de planches de bois blanc. A l'intérieur, une épaisse couche de paille d'orge et des dizaines de lapins que l'on appelait "russes". Des blancs, avec le dedant des oreilles roses et un peu de gris sur l'extérieur et sur le bout du nez, qu'ils ne savaient pas tenir au repos. Et avec ça, des yeux superbes, rouges profonds, comme en ont les albinos.

L'élevage de lapins, c'était l'entreprise de ma tante. La ferme était équipée d'un clapier à cases individuelles, une quinzaine de cabanes en longueur sur trois rangées superposées. Elle en avait fait sa nursery. Une quarantaine de mères triées sur le volet mettaient bas ici. Bon an mal an, chaque fin de printemps plus ou moins deux cents choses roses se mettaient à gigoter dans un coin du fond des cabanes.
Il faut savoir qu'une lapine, ça sait s'organiser. Au fond, d'un côté, le nid, douillet, garni de brins de foin fins et de poils de lapin que la maman s'arrache. Dans l’autre coin, les cabinets. Ce qui fait deux quarts de cercles bien séparés, chacun chargé d’un rôle déterminé. La chambre des bébés et les cabinets de la maman loin de la porte grillagée, tout au fond, pour protéger les nouveaux nés de la curiosité des enfants et la sensibilité de leur nez .
Sur le devant, la paille propre et le foin frais. Les éclats de betteraves, les pissenlits, le trèfle ou la luzerne, les trognons de pain dur, tout ce que mange une maman qui allaite ses petits. Les reliefs des repas qu’elle tient au propre pour quand la faim la reprendra.
Personne n’apprend ça aux lapins. Ils ne croisent pas d’enseignants de ces choses là. Qui pourraient leur dire comment faire. Ils ne sortent pas de leur cabanes.
La lapine reproductrice, une fois installée, ça s'organise !
Demain, je vous parle des lapins ados

                                                                                                            à suivre...

Par aben
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Ma vie

Soixante-dix ans
quand j'ai commencé le blog

74depuis le
11 fevrier 2009

J'habite dans un
petit village de
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J'ai aimé écrire,
jardiner, bricoler.

Aujourd'hui
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