Napoléon... le bienheureux.

Publié le par aben

Dans les coulisses de l'Histoire
(suite de "journée du patrimoine")

Campagne de France, 2 février 1814

Au lendemain de la défaite de la Rothière, l'armée de l'Empereur, qui a décroché dans la nuit, s'est repliée sur Lesmont.
La tempête de neige s'et enfin arrêtée, mais tout est blanc à perte de vue, et gelé.
Au petit matin, elle fait son entrée dans Piney (c'est le nom de mon village). Les fourgons chargés de blessés et de morts, encombrent la grande rue et gênent le passage des troupes. Cris, jurons, plaintes et gémissements, cohues et bousculades... un spectacle "poignant" pour une si grande armée.
Napoléon s'est installé dans le pavillon des Ducs de Luxembourg, face à la grande halle. (V/la note qui précède).
Il y restera vingt-quatre heures, envoyant Marmont tenir Arcis.
Piney n'est gardé que sur son flanc est, d'où pourrait, en toute logique, surgir l'ennemi, par un peloton du 3ème hussards.
Tout à coup, vraissemblablement en début d'après-midi, les témoignages divergent, une troupe d'une cinquantaine de Cosaques, soixante tout au plus, venue de la forêt d'Orient par la route de Géraudot, envahit le village à brides abattues, en hurlant et tirant des coups de feu. Hirsutes, munis de lances, de sabres recourbés et de pistolets d'arçon, ce sont d'excellents cavaliers aux montures petites et robustes. Ils excellent dans le harcèlement, les embuscades, le massacre des traînards.
On les craint comme la peste depuis la désastreuse retraite de Russie de 1812.
Ce qui explique la panique qui s'empare des soldats d'empire qui s'enfuient n'importe où, en désordre, abandonnant les attelages, les canons, les fourgons...
Sous la halle, les chariots et les mulets qui transportent les bagages de l'Empereur endormi restent à l'abandon.
Jusqu'à ce qu'enfin le Génértal de Ségur (1), qui commande le 3ème régiment des gardes d'honneur, parvienne à rallier des hommes du 2ème chasseur, des 3ème et 4ème gardes d'honneur et des lanciers et à reprendre la place, sauvant les bagages impériaux de la horde sauvage.
Un raid de pillards qui s'est déroulé sous les fenêtre de Napoléon, que l'histoire s'est gardée de monter en épingle. 

Par respect pour le sommeil de l'Empereur...? Un sommeil qu'autant de morts en 14 ans de règne n'avait, semble-t-il, pas réussi à troubler.

(1) Philippe de Ségur (1780-1873), oncle d'Eugène de Ségur qui épousa Sophie de Rostopochine : la Comtesse de Ségur

D'après Jacques MARNAT, adapté de "l'invasion de 1814 dans l'Aube"

 

Publié dans Poésie

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cleomede 21/09/2005 20:36

Je fais un trackback fais pareil
Bisous

Alexandre-Gabriel 21/09/2005 01:28

Coucou... Maman a été trés sensible a vos souhaits. Elle s'associe a moi pour te faire un trés gros bisou.