C'est moi

 

 

Texte Libre

 

Dimanche 24 décembre 2006

Réveillons... les souvenirs
J'avais mis en ligne un article sur l'atelier de mes parents, le samedi 29 Octobre dernier. Je le remets ici pour notre petite Japonaise Rémoise, Zhealy.  Il fait un peu doublon avec des propos tenus dans certaines des quatre notes précédentes mais en même temps les complète.
Rose est venue m'y mettre un commentaire dimanche dernier, (sur une note vieille de près de 2 mois...) ça m'a donné l'idée de la remettre pour mes nouveaux amis(es) .
Bonne lecture à ceux qui ne l'ont pas encore lu et que les autres me pardonnent  cette "réédition"... à compte d'auteur !

   Bon réveillon de ce soir à tous...

Les poupées de mon Père

Artisanat d'autrefois



Je suis né fils d'artisans, chez mes parents.
Pas dans la boutique, dans une chambre de la petite maison de style "entre deux guerres" que mon père avait fait construire, dans un grand jardin, avant d'épouser ma mère. C'est la sage-femme qui a prévenu ma maman que j'étais un garçon. Où qui lui a montré.
Ma mère était couchée, mon père était parti.
Pas pour de bon, seulement parti pour travailler...!
Enfin... vu l'heure que l'on m'a rapportée, il devait surtout "ne pas être rentré".

Qui donc avait bien pu prévenir l'accoucheuse...?
J'avais deux frères, de dix ans mes aînés et un de dix huit mois. J'arrivais quatrième... Pas mal, quand on est si petit...!

Artisan donc qu'il était, mon père. Il fabriquait des poupées. Des ours rouges et des chiens tachetés, en tissus bourré...
et des esquimaux à bonnets pointus...
des poupées chiffon avec des masques en carton... 
des poupées de salon aux grands yeux très bleus, peints sur des faces en tissu, moulées au fer, à chaud, comme les chapeaux...
...et des poupées à tête en porcelaine, mains et pieds cousus au bout de leurs membres de tarlatane gonflés de paille d'acacias défibrés...

Jusqu'à tant que j'ai été petit, ma mère m'a emmené à l'atelier en voiture d'enfant. Elle devait mettre mon biberon sous la literie pour qu'il garde de la chaleur.
Tout en travaillant, l'un ou l'autre, souvent mon père, posait un pied sur une des roues de mon attelage et me berçait, pour me faire taire. Des fois aussi, c'était une ouvrière qui se penchait vers moi comme une fée sur un berceau, et me faisait un "guili-guili" dans un sourire.

Ca sentait bon dans l'atelier. La fibre de bois fraîche, la cotonnade de molleton découpé, le vernis cellulosique que l'on projetait au pistolet pour tigrer le dos des chats et tacheter les oreilles des chiens...
En hiver, les odeurs de "tolémail" fumant, de poussière de bois et de tissu qui se consumaient en brunissant sur le long tuyau du poêle, s'ajoutaient aux autres senteurs.

De tout petit j'ai vécu dans la boutique du père.
Lui, souvent à la scie, à découper les matelas de tissus : vingt quatre épaisseurs en accordéon, celle du dessus tracée des contours de ses patrons.
Toujours en vareuse, un cache-col fait maison pour protéger sa gorge fragile, un grand tablier comme ceux des jardiniers, avec, dans la poche kangourou, une ou deux craie tailleur, un crayon gras, un canif pour tailler ces marqueurs, une paire de grands ciseaux et aussi un paquet de tabac gris. Plus le cahier de feuilles à le rouler : un Riz-la-croix, rougge orangé, qui ne le quittait pas.

Tout en entraînant le tracé de son matelas jusqu'au rubuan de la scie, il surveillait son monde par dessus ses lunettes à demi-verres.
Ca parlait beaucoup dans la boutique. Ca chantait aussi. Ca plaisantait, colportait les potins du village...
 Mon père laissait faire et laissait dire, jusqu'à ce qu'un silence trop long l'amène à réveiller son monde, où qu'une trop grande véhémence des propos en vienne à désordonner la gestuelle enseignée.

A l'age de l'école et jusqu'à mes quatorze ans, j'y suis venu prendre mon "quatre heures". Après mon certificat (de fin d'études primaires) j'y suis entré apprenti, comme d'autres de mon age. Des filles surtout, qui rembourraient les jouets, fixaient les oreilles et les yeux des animaux, habillaient les poupées... Des filles qu'il m'arrivait de fixer des yeux comme si elles étaient poupées...

-  Tu rêves...?
Mon père m'apprenait la rigueur d'un métier

par aben publié dans : Témoignage
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Commentaires

moi aussi je relis et j'apprécie   avec la surprise d'un petit détail supplémentaire  par ci par là, ce témoignage d'un vécu ressuscité   mais pas monté au ciel!!!
commentaire n° : 1 posté par : micheline84 (site web) le: 24/12/2006 08:49:21

JoyeuxImage Hosted by ImageShack.usAndré et Michelle.


Amitiés de nous trois.


Bises et Bon Dimanche. Joël.

commentaire n° : 2 posté par : Joël (site web) le: 24/12/2006 11:12:53
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commentaire n° : 3 posté par : ROSE (site web) le: 24/12/2006 11:21:57
le Monsieur qui porte le nom de mon père et de l'homme de mon passé, tu nous donnes là le plus délicieux récit de Noël - merci à toi - et bonne fête à vous
commentaire n° : 4 posté par : brigetoun (site web) le: 24/12/2006 12:26:21
Coucou Aben et Michèle,
je vous souhaite un très bon Noël en tête à tête. Je suis du côté d'Avignon à cette heure pour  passer Noël en famille.
Gros bisous à tous les deux,
Catherine
commentaire n° : 5 posté par : Catholympiqe (site web) le: 24/12/2006 15:39:48
Bonjour André,
je te souhaite un joyeux Noël ainsi qu'à tes proches !
Amitiés
YVES
commentaire n° : 6 posté par : Yves Lafont (site web) le: 24/12/2006 16:26:37


Joyeux Noël


Marie

commentaire n° : 7 posté par : Marie (site web) le: 24/12/2006 19:41:13

Bonsoir ABEN


C'est un superbe texte, que celui du récit de son enfance


Merci beaucoup de l'avoir republié


J'ai quelques jours de Tranquillité, je viendrai lire en toute pleinitude ton monde si beau


Je te souhaite de très bonnes fêtes de Noêl



Mille bisous

commentaire n° : 8 posté par : Zhealy (site web) le: 24/12/2006 23:10:35

le pére noel est pas encore passé je l'attend


gros bizousssssss

commentaire n° : 9 posté par : vitany (site web) le: 25/12/2006 01:30:17

bravo Aben. Ton évocation du passé dans la boutique de tes parents est attendrissante.  tu devrais nous faire visiter ton entreprise. vrai.


bonne soirée 

commentaire n° : 10 posté par : vincent (site web) le: 27/12/2006 18:36:30

L'entreprise s'est arrétée fin 1993, vaincue par la fourmilière de main-d'oeuvre d'Asie...
Créée en 1919, elle a offert du travail à une cinquantaine de personnes, pendant 74 ans, dans un village d'un millier d'habitants.
Quatre entreprises se sont partagées mes anciens locaux : un fabricant de sacs plastique, un affûteur de lames de scies spécialisé, un distributeur d'oxygène médical et le SIVOM du canton...
Elles emploient à elles quatre une douzaine de personnes...
Très bonne fin d'année

réponse de : aben (site web) le: 28/12/2006 09:03:49

Ma vie

Soixante-dix ans
quand j'ai commencé le blog

73 depuis le
11 fevrier 2008

Marié
J'habite dans un
petit village de
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Et surtout :
ma femme,
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sans ordre de préférence.

 

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