A tout bientôt Noël 2/7

Publié le par aben

Vivre plus âgés qu’autrefois nous offre de laisser des souvenirs plus anciens. 
Sans regret du temps passé, ni procès de celui d’à présent.  

 

 

 

 

L’atelier du Père Noël en 1919  


Le poêle exhale ses odeurs de « tolémail » fumant, de poussière de bois et de tissus qui se consument en brunissant. 

La boutique du Jouet Champenois sent aussi la fibre de bois d'épicéa fraîche, la cotonnade et le vernis cellulosique qui sert à tigrer le dos des chats et tacheter les oreilles des chiens.  

Assises sur des chaises aux pieds raccourcis, les rembourreuses placent des mèches de frison qu’elle enfilent dans les enveloppes de tissu qui se transforment en corps, têtes et membres d’animaux.  

Les cheveux cachés par un foulard pour les protéger de la poussière, elles appuient l’outil, sorte de grand tournevis à large base, sur leur ventre protégé d’un cuir fixé par une ceinture.  

De part en part d’une table sous laquelle on a glissé la balle de fibre, elles sont six qui tirent le frison et l’enfilent dans les peaux.  

La plus jeune n’a pas quatorze ans, l’aînée n’est pas encore mariée.  

Les rembourreuses occupent le poste le plus important de l’atelier, en nombre, en dureté de la tâche, mais aussi en qualité du travail.  

Modeleuses, elles sculptent, par l’intérieur de l’enveloppe, la forme définitive. Long nez, front fuyant ou face renfrognée, l’ours de 1919 est unique  

Chaque rembourreuse reconnaît les siens et veut les trouver plus beaux que les autres.  

Embryon sans membres, sans yeux, sans oreilles, chaque tête, chaque corps et jusqu’aux jambes, torses ou galbées, chaque pièce est une création de l’ouvrière.

 
Carte commerciale, année 1925 
                                                                                                        à suivre...

Publié dans Témoignage

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brigetoun 16/12/2006 09:37

ô aben je suis navrée - il n'y avait pas de commisération (peut être une trace du matraquage que l'on subit maintenant : tu sais les ballons de foot) - un peu d'envie peut être parceque tu décrivais bien le soin et donc le plaisir dans le modelage des ours
quant à l'instructiion : vois le flou de mon orthographe !

micheline84 16/12/2006 09:36

 Je n'ai rien dit de ces petites ouvrrères qui bourraient des "nounours" d'enfance  à longueur de journée. Je pense qu'elles illustrent un moment de l'histoire  de la production,  un moment qui préfigure peut-être ce qui allait devenir le travail à la chaîne mais qui était encore l'occasion d'un moment de convivialité entre copines d'atelier et où dans la chaleur humaine, on pouvait encore savourler une forme de créativité personnelle , donner à l'objet d'un rêve de bambin une expression qui était comme un petit message personnel , et qui donnait sens à son travail,  tandis qu'un petit patron bienveillant passait  l'admirer  quand il ne participait pas lui- même à la création  . C'est un moment de l'histoire des "petites gens", qu'on peut saluer  avec sympathie et respect
 Ce qui a suivi est différent pour le meilleur et pour le pire comme le plus souvent.

Sylviane 16/12/2006 07:31

Une époque bien malheureusement révolue... A l'heure de la Hi Tech et du jouet que l'on achete pour le délaisser quelques semaines après noel... où sont passés ces métiers d'hier et ces peluches au destin éternel ? Sans doute pour ceux qui ont le bonheur d'en posséder une... dans une des malles à trésors de notre enfance...
Gros bisous à vous deux et bon week end, Syl

Marie 15/12/2006 21:59

Même virtuel, c’est génial de partager un verre. Même ta région aussi, que j'adore.
Bisous et bonne soirée.
Marie

Françou 15/12/2006 21:35

Juste un coucou de ce vendredi soir pour te souhaiter un bon week end...
Bisous

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