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La recette du week-end 

Consulter la carte complète en cliquant sur le calendrier, à la date du 19 mars
A raison d'une recette par week-end, ça prendra du temps pour toutpublier .
N'hésitez-pas à me demander de vous en adresser une (ou plusieurs) en PJ par mail sans attendre

andretieno@cegetel.net (à recopier)

Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /Jan /2007 09:00

 Pauvreté n’est pas vice…

 Ce matin, je vous propose un nouvel extrait du cahier d’écolier auquel ma Maman a confié quelques souvenirs de son enfance heureuse, dans une famille nombreuse et aux revenus modestes.  
La vente, lot par lot, de la forêt amazonienne, par les Brésiliens, m'a fait me souvenir de ces pages de cahier qui m'ont appris la fierté d'assumer la modestie de ses moyens sans céder à la tentation de vendre son âme.  
La scène se déroule en 1906, il y a donc tout juste un siècle, plus à peine quelques mois.  

« …quand nous étions jeunes, pendant les vacances scolaires, nos parents nous mettaient chez des cultivateurs pour rendre quelques services. Nous travaillions pour notre pain, comme on disait à cette époque. 

Moi, j’allais régulièrement chez mon oncle Maurice, à Aulnay. 

Mes frères sont allés tour à tour dans un village voisin, chez Monsieur X… 

C’était un Monsieur ! Un « Monsieur à faux col » comme on disait. Il était Maire de Verricourt . 

Un jour, j’avais environ neuf ans, je me trouvais dans la boutique avec mon Papa quand nous voyons arriver Monsieur X…  

Monsieur X… venait demander à Papa… « de lui vendre Petit-Louis ». Je fus
témoin de la conversation. 

Ca se faisait encore. Rarement, mais à cette époque, ça se faisait encore. 

Il offrait un quartier de cochon, c'est-à-dire le quart d’un cochon. Petit-Louis porterait le nom de X… et serait héritier. 

Monsieur X… avait deux filles. L’une était infirme, moralement et physiquement – elle est morte à vingt ans – l’autre, qui était de mon âge, s’appelait Marguerite. Elle s’est mariée avec un fils P…,  de Pougy. 

Mais revenons à notre marché. 

On aurait le droit de le voir, de temps en temps… Enfin, certaines clauses dont je ne me souviens plus très bien. 

Mon père, assez choqué, lui a répondu qu’il était pauvre, mais pas au point de vendre ses enfants… ! 

Monsieur X… est reparti tout désillusionné ! <
 

Voilà, ça s’est passé tout début 1900, dans une famille pas bien riche pour élever tant d’enfants. 

Ma Maman était fière de son père, et moi je le suis de tous les deux : pauvreté n'est pas vice quand la dignité la compense. 
Bonne journée à tous et toutes...

Par aben - Publié dans : Témoignage
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Lundi 15 janvier 2007 1 15 /01 /Jan /2007 10:25

Le drame de la forêt amazonienne...

Copié collé de la note de Vincent, du 3 janvier dernier( http://africantal.blogspot.com


"... superbe réponse du Ministre Brésilien de l'Education à un étudiant Américain... Que la presse nord-amméricaine a refusé de publier.
Pendant un débat dans une Université, aux États-unis, le ministre Brésilien de l'Education Cristovam Buarque, fut interrogé sur ce qu'il pensait au sujet de l'internationalisation de l'Amazonie. 
Réponse du Ministre :

"En effet, en tant que Brésilien je m'élèverais tout simplement contre l'internationalisation de l'Amazonie. Quelle que soit l'insuffisance de l'attention de nos gouvernements pour ce patrimoine, il est nôtre. 
"En tant qu'humaniste, conscient du risque de dégradation du milieu ambiant dont souffre l'Amazonie, je peux imaginer que l'Amazonie soit internationalisée, comme du reste tout ce qui a de l'importance pour toute l'humanité. Si, au nom d'une éthique humaniste, nous devions internationaliser l'Amazonie, alors nous devrions internationaliser les réserves de pétrole du monde entier. Le pétrole est aussi important pour le bien-être de l'humanité que l'Amazonie l'est pour notre avenir. Et malgré cela, les maîtres des réserves de pétrole se sentent le droit d'augmenter ou de diminuer l'extraction de pétrole, comme d'augmenter ou non son prix. De la même manière, on devrait internationaliser le capital financier des pays riches. 
Si l'Amazonie est une réserve pour tous les hommes, elle ne peut être brûlée par la volonté de son propriétaire, ou d'un pays. Brûler l'Amazonie, c'est aussi grave que le chômage provoqué par les décisions arbitraires des spéculateurs de l'économie globale. Nous ne pouvons pas laisser les réserves financières brûler des pays entiers pour le bon plaisir de la spéculation. 
Avant l'Amazonie, j'aimerais assister à l'internationalisation de tous les grands musées du monde. Le Louvre ne doit pas appartenir à la seule France. Chaque musée du monde est le gardien des plus belles oeuvres produites par le génie humain. On ne peut pas laisser ce patrimoine culturel, au même titre que le patrimoine naturel de l'Amazonie, être manipulé et détruit selon la fantaisie d'un seul propriétaire ou d'un seul pays. Il y a quelque temps, un millionnaire japonais a décidé d'enterrer avec lui le tableau d'un grand maître. Avant que cela n'arrive, il faudrait internationaliser ce tableau. 
Pendant que cette rencontre se déroule, les Nations Unies organisent le Forum du Millénaire, mais certains Présidents de pays ont eu des difficultés pour y assister, à cause de difficultés aux frontières des États-Unis. Je crois donc qu'il faudrait que New York, lieu du siège des Nations unies, soit internationalisé. Au moins Manhattan devrait appartenir à toute l'humanité. Comme du reste Paris, Venise, Rome, Londres, Rio de Janeiro, Brasília, Recife, chaque ville avec sa beauté particulière, et son histoire du monde devraient appartenir au monde entier. 
Si les États-Unis veulent internationaliser l'Amazonie à cause du risque que fait courir le fait de la laisser entre les mains des Brésiliens, alors internationalisons aussi tout l'arsenal nucléaire des États-unis. Ne serait-ce que par ce qu'ils sont capables d'utiliser de telles armes, ce qui provoquerait une destruction mille fois plus vaste que les déplorables incendies des forêts brésiliennes. 
Au cours de leurs débats, les actuels candidats à la Présidence des Etats-Unis ont soutenu l'idée d'une internationalisation des réserves forestières du monde en échange d'un effacement de la dette. Commençons donc par utiliser cette dette pour s'assurer que tous les enfants du monde aient la possibilité de manger et d'aller à l'école. Internationalisons les enfants, en les traitant, où qu'ils naissent, comme un patrimoine qui mérite l'attention du monde entier. 
Davantage encore que l'Amazonie. Quand les dirigeants du monde traiteront les enfants pauvres du monde comme un Patrimoine de l'Humanité, ils ne les laisseront pas travailler alors qu'ils devraient aller à l'école, ils ne les laisseront pas mourir alors qu'ils devraient vivre. 
  « En tant qu'humaniste, j'accepte de défendre l'idée d'une internationalisation du monde. Mais tant que le monde me traitera comme un Brésilien, je lutterai pour que l'Amazonie soit à nous. Et seulement à nous ! 
 

Je vous livre le texte intégral, j’ajoute que j’y souscris tout à fait, sauf aux dernières lignes, qui me gênent quelque part. 
Comment dire que la forêt restera Brésilienne quand le Brésil la cède contre monnaie aux puissances de l’argent du monde extérieur. 
Le chercheur d’or d’autrefois, le découvreur de minerai de valeur, et même celui d’amphores, était un violeur spolieur. 
La vente par lots bon marché de la forêt par les Brésiliens eux-mêmes ne démontre guère une  volonté sincère de rester maître de son bien. 
La déforestation intensive au bénéfice de cultures plus bénéfiques, financièrement et à très court terme, est bien une cause de notre boulimie de consommation. On a pillé  le pétrole du sous-sol, on brûle aujourd’hui le poumon de la planète pour en faire du soja… n’empêche que c’est le Brésil qui vend ses terres. 
Ne dit-on pas que certains Brésiliens rêvent de  devenir  Emirs… ? 
 

Ceci dit, je ne crois guère aux vertus d’une internationalisation sous la houlette d’un pays le plus pollueur au monde… 
N’empêche, le problème reste posé, et le discours du Ministre Brésilien va dans le sens du réveil des consciences. Reste peut-être à souhaiter que pour garder son bien son pays se mette à enfin le gérer...

 

Par aben - Publié dans : Actualité
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Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /Jan /2007 18:08
Yann Arthus-Bertrand...
...nous a à nouveau planté en face de nos responsabilités. Jeudi dernier, (pas  jeudi d'avant-hier, celui de la semaine d'avant) sur France 2 , dans son émission "Vu du ciel" :
"D'ores et déjà, 30000 personnes meurent chaque jour de "manque d'eau alimentaire".
Dès 2050,  selon l'ONU (c'est demain pour les enfants d'aujourd'hui) si rien n'inverse nos habitudes, ils seront SEPT MILLIARDS chaque année !"


Quelque part, ça devrait nous interpeller, nous faire réfléchir...
Pas seulement dénoncer des coupables, histoire de se donner bonne conscience : "Quand rien ne va plus, ça n'est jamais "QUE" de la faute des autres". Une citation d'un propos de Lino Ventura dont je ne me suis jamais lassé...

Sûr que ceux qui pompent les nappes souterraines pour cultiver des radis dans le désert, ceux qui font des rideaux d'eau pour gogos de casinos à LasVegas, et même nos Maires qui cultivent et fleurissent nos ronds points pour attirer les toutous qui tournent autour en voitures, comme des papillons autour d'un réverbère, devraient se poser des questions.
Commme nous qui admirons toutes ces fleurs gourmandes d'eau.

Encore que : "NOUS !" ? Qui sommes nous pour juger, pour jouer les chevaliers blancs ?
Fichue question ! Pour vous, je ne dis pas : quand on n'sait pas... on n'dit  pas !  .
Mais pour moi, je sais que je ne mérite guère de fleurs... Et que c'est déjà ça d'économisé en eau : pour les faire pousser, pour emplir le vase, pour le laver après...

Je me brosse les dents après les repas, je prends une douche par jour, on passe la serpillère sur les sols, on fait la vaisselle et la lessive à la machine... (qui consomme moins que si elles consommaient plus mais plus quand même que la vaisselle qui se faisait à la main...)
Je vais jusqu'à donner un coup de jet sur la terrasse, de temps en  temps.
Pas de quoi être fier, vous voyez bien...

Ah si pourtant ! J'oubliais : j'ai quand même contribué un peu au rationnement. Dans le jardin, j'ai mis des goutteurs : c'est fou ce qu'on économise....
Jusqu'à dix fois moins d'eau pour un pied de géranium !

Sauf que quand j'ai reçu la facture de Véolia, bonjour la surprise. J'avais consommé trois fois plus d'eau qu'avant ! A cause de ces goutteurs qui m'avaient permis d'épater les voisins avec mes vivaces pompeuses d'eau !

J'ai tout arrêté, c'était pas raisonable. Et re-jardiné comme autrefois. Réinstallé les variétés d'ici, qui traversent l'été, aussi sobrement que les vaisseaux du désert. Lavandes, romarin, lauriers, sauce et fleurs, iris (ceux de Van Goghe n'ont pas poussé bien loin)... Bougainvilliers (non, ici, ça gèle tous les hivers), lanthanas, camélias, hortensias... En Provence, c'est par le feuillage que les plantes se désaltèrent... Et des capteuurs  pour ça, l'hortensia d'ici en a tout autant que ceux de bords de mers d'ailleurs.
Et j'ai un jardin tout beau, avec aussi des rosiers qui donnent des fleurs de toutes les couleurs de mai jusqu'en novembre, sans demander du tout d'eau...

En fait, préserver la planète, ce serait peut-être ne lui demander de faire que ce qui est dans sa nature de faire.
Enfin... c'est juste un peu de ce que je crois.
Par aben - Publié dans : Actualité
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Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /Jan /2007 13:01

Ouf, on l'a échappé belle
Dans son intervention d'hier soir, après le journal de 20 heures sur l'A2, Madame Alliot-Marie nous a fait une très belle imitation de Nicolas Canteloup.
La Ministre des armées nous a annoncé qu'elle renonce à son putsch à la candidature !
Elle n'avait d'ambition, a-t-elle déclaré, que de défendre nos intêrèts et de protèger notre bonheur avec ses idées à elle qui ne sont pas les mêmes que celles des autres...
Après avoir rencontré le candidat déclaré (dont il ne fait aucun doute que demain il sera proclamé) elle s'est dite très heureuse de ce que le petit Nicolas ait enfin compris, et qu'il ait accepté de défendre ses idées à elle, auxquelles le pauvre n'avait pas eu le temps de penser...
Pour un peu, elle l'aurait remercié d'avoir accepté de faire le boulot à sa place...

Ainsi, si on s'est pris les pieds dans le tapis à la tête du PS, il semble qu'à l'UMP on se les soit emmélés dans l'écharpe d'une autre figure de proue...
Et toujours avec le même sourire : condescendant ou narquois pour l'électeur lambda...

Par aben - Publié dans : Grain de sel
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Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /Jan /2007 09:37
Et toujours avec le sourire
Il  est bien possible que le couple Hollande Royal n'ait plus trop le temps de rentrer prendre ensemble leurs repas à la maison. Ou alors, à cause des enfants peut-être, on se refuse de parler boulot à table...
Lui annonce aux médias (et à l'insu de la mère de leurs gamins), qu'il faut augmenter les impôts des salariés gagnant plus de 4000 euros/mois, elle déclare aussitôt que si on l'élit (pas Sémoun) elle ne surchargera pas la charette de l'âne qui la tire...
Un couple plein d'idées pour gérer nos finances !
Quand il nous auront expliqué (c'est sûr, ils vont le faire) ce qu'on n'a pas compris, il leur restera à trouver la solution pour que ceux qui gagnent des milliards en France paient leurs impôts ici...
Ce qui rassure, chez ces gens qui nous veulent que du bien, c'est le sourire patelin qu'ils emploient pour le dire.
Patelin ironique pour la belle, patelin contri pour son ami penaud
Par aben - Publié dans : Grain de sel
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Jeudi 11 janvier 2007 4 11 /01 /Jan /2007 12:13

Merci à Micheline de m'avoir fait découvrir Georges Bonnet
C'est vrai que je ne lis plus guère aujourd'hui. Me faut de l'écrit gros, de pas trop de mots par page, de guère de message derrière les mots.
J'aime bien que l'on me dise comment le temps passe. Qu'on me raconte ses petits bonheurs. Aussi ses petites misères, mais moins. Et pas les grandes : on en a tous à assumer les siennes et celles des autres ne sont pas consoleuses. Un mot que mon Petit Larousse ne connait pas, qui s'impose pour moi ici.  Je le trouve plus "actif" que oconsolante" ou "consolatrice"
Georges Bonnet est en retraite de l'enseignement. Son premier roman "Un si bel été", est paru chez Flamarion en 2000, l'auteur avait alors 81 ans...: Je me dis que rien n'est perdu pour moi.
L'écriture est délicate, l'observation précise et si bien rapportée que c'est nous qui voyons à sa place : la petite fleur jaune entre les pavés, le vélo appuyé au mur, qui risque de tomber. Nous qui vivons le quotidien des personnages.

Les phrases sont courtes, les mots simples, comme le sont les notes sur une portée musicale qui serait le fil conducteur de l'histoire.
"Au mois d'avril suivant, il m'a semblé reconnaître cette femme, assise au parc municipal, sur l'un des bancs à claire-voie qui entoure le jet d'eau"
Déjà, on y est vraiment. Ce que l'auteur ne dit pas le lecteur l'imagine. Sans même le besoin de prononcer les mots, il sait l'herbe qui verdit, les points blancs des paquerettes, les moineaux qui criaillent, le pigeon au pied du jet d'eau, qui boit à l'eau du bassin. Les enfants qui jouent, une poussette qui traverse le paysage sans le voir...
Pas tout ces remuements en même temps, qui animent les lieux à leur tour, plusieurs ensembles ou chacun séparement.
On est au "mois d'avril suivant..." c'est donc qu'il a vu la dame bien avant, et qu'ils paraissent l'un et l'autre habituels des ce jardin pas bien grand. Il le dit "communal", fréquenté par les mamans, les amoureux et lers personnes âgées.
On les imagine bien dans la troisième catégorie. On apprendra que ce sont des soixantenaires...
Le langage est personnel, poëtique : "Le temps bouge à peine","ils ont des soirées de papillons"
Voilà pour l'écriture.
Quant à l'histoire, je vous la laisse découvrir.
J'ai beaucoup aimé...!

Par aben - Publié dans : Au jour le jour
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Mardi 9 janvier 2007 2 09 /01 /Jan /2007 13:36

Dans le jardin de la voisine
La maison dans laquelle on habite en Champagne n'est pas celle dans laquelle je suis né, mais celle du jardin de la voisine.
Mon Papa, avant même de rencontrer ma Maman, avait fait construire un petit pavillon, juste en face de chez les voisins, bien des années avant mon arrivée.
Ici, où l'on habite aujourd'hui, c'était le jardin de deux retraités agés, à qui j'allais chaque année, enfant, souhaiter la bonne année.
Lui était long et maigre, marchait à pas comptés et commençait à rêver...
J'avais droit aux petits fours faits maison, à la goutte de crême de cassis (juste une goutte, je n'étais pas un homme...) et à son récit de l'histoire du passé de son bien, sa terre et sa maison :
- Tu vois le four à pain dans le coin de la cheminée, c'était pour les petites cuissons. Le grand four s'ouvre sur l'extérieur, dans la cour, près des cabanes à lapins. Ici, c'était une ferme. A la place du jardin, c'était la grange. Et tout juste à côté mais pas tout contre, une bergerie... Et puis le feu s'y est mis. Ils n'ont sauvé que la maison. Qu'on habite depuis la retraite. Avant,j'étais agent de ville à Troyes. Sergent cycliste. Avec une grande cape bleue qui pesait lourd par jour de pluie. Nini faisait des ménages... On habitait dans la vieille ville, en face de la prison. Un petit trois pièces qui descendait sur le trottoir par trois marches. Il arrivait que le soir, des passants ne voient pas la dernière. Quand on entendait, on sortait les aider à se relever. Ca arrivait mais pas souvent. De not'temps, juste une fois une femme était tombée. Elle avait un cabas avec des pommes de terre dedans, qui avaient roulées dans le caniveau... Le plus souvent, on  n'entendait que le juron de quelqu'un qui buttait sans tomber...
Ca n'en finissait pas. 
Quand il racontait, on voyait ses yeux regarder en dedans. Enfant, je me disais qu'il devait me voir tout flou. Aujourd'hui, je me demande même s'il me voyait....
- Reverses donc plutôt une goutte, vieux nivier ! Tu penses comme ça l'intéresse le gamin tes vieilleries...

(Ben si, tu vois Nini que j'écoutais : je m'en rappelle encore aujourd'hui. On n'imagine pas ce qu'on peut mettre dans la tête d'un gamin, qu'il garde sa vie durant. Des fois, faut juste qu'il retrouve où ça peut bien s'être niché...)


Nini, c'était sa femme. Aussi remuante que lui était statique. Qui sautait d'une idée à une autre sans souvent les finir. Comme elle passait d'un trottoir à l'autre sans toujours aller jusqu'à la grille. Des fois, elle apportait des pissenlits pour les lapins, des fois c'était pour demander un conseil, de cuisine ou de couture, et des fois juste pour causer.
- "V'la la Nini" disait mon père, la voyant arriver.
-"Elle est repartie" lui répondait ma mère qui voyait ses talons.

Quand elle s'est trouvée seule, Nini, son compagnon aux bras de cep de vigne replantés dans la terre du cimetière,  peut-être que je lui ai laissé comprendre que sa maison, je l'aimais bien. Et que quand elle n'en aurait plus besoin, ça me ferait plaisir qu'elle soit la mienne. Peut-être qu'elle l'a même compris sans que je le fasse exprès...

C'était une maison tout en douceur de vivre. Une de paysans dix-huitième, avec une roue à gorge pour monter les récoltes au grenier, une ossature de chêne pour résister au temps, du torchis sur palessons pour isoler du froid de l'hiver comme du chaud de l'éte, qui transformait le bruit des casseroles de cuivre de la cuisine en chuchotis d'instruments musicaux et la criaillerie des enfants en gazouillis conviviaux.
Elle n'était plus toute jeune, Nini. Et moi rentré de l'armée, bientôt bon à marier...
- Je te la garderai, je la vendrai à personne d'autre...
Le moment venu, (le moment que Nini a voulu), le marché s'est conclu !
Elle avait choisi celui où elle se savait quasi partante pour retrouver l'Isidore, histoire de voir comment il s'était débrouillé pour préparer son arrivée à elle de l'autre côté du miroir.  
Je venais de me marier, avec la nièce de l'institutrice de maternelle, ma voisine... (just maried ?) Le moment nous était, tout autant qu'à Nini, tout à fait bien choisi.
De son côté, il lui était revenu une grande fille. Agée et un  peu ratatinée. Un peu perdue aussi. Qui venait de perdre son mari. 
Ce qui lui faisait beaucoup de pertes à la fois, sans compter celle des revenus de la retraite de son feu dont elle avait été bien obligé de faire aussi son deuil. Veuve de retraité désargenté qui n'avait pas mis ses oeufs dans le bon panier, elle était revenue puiser ses ressources aux sources de naissance. S'était réfugiée chez Nini pour finir une vie qui s'étiolait comme une rose d'automne qui se fane sur l'arbustre, momifiée, sans vouloir se résoudre à se détacher...

- Je te demande qu'une chose : tu la loges le reste de sa vie...
Fifille n'était plus jeune, on n'était pas pressés, j'ai topé !

Et on a attendu. C'était pas un viager, juste une promesse, qu'on respectait mieux, autrefois, que certains des actes que l'on signe aujourd'hui.
Tous les ans, au matin du 1er janvier on allait,
ma femme et moi, lui souhaiter la bonne année. Le paquet de petits gâteaux tout neuf nous attendait, à côté de la bouteille de Martini qui ne paraissait servir que pour ce jour-là :
- Ouvre là donc Dédé. Le bouchon est tout collé, je n'y arriverai pas... Et sers nous donc tant que tu la tiens.   

Jeannette qu'on l'appelait. C'était son vrai prénom. Tout le portrait du père. Sauf que du passé, elle n'en avait pas beaucoup à dire. Et guère d'idées de l'avenir. On parlait du présent, du temps, du jardin, qu'elle faisait faire : avec son eczéma, elle ne pouvait pas toucher la terre. Ni l'eau : elle faisait sa vaisselle avec une lavette emmanchée et faisait laver son linge au lavoir par la Marie sa voisine, qui était justement "laveuse".
Elle était contente qu'on ait acheté sa maison de famille. Heureuse d'y rester vivre : "On sait qu'elle est dans de bonnes mains" qu'elle nous disait tous les premiers jours de l'an.

On a attendu. Sans impatience. Chaque chose arrive avec le temps... Sauf qu'on a eu un bébé qui a commencé par gazouiller, faire des "areu", puis des Papa, Maman et même Dédé, que tous les bébés qui ont la chance d'en connaitre disent en premier. (Si !) Et des vrais mots, qu'il a fini par comprendre, par assembler en phrases.
Il a fallu trouver une solution.
On en a fait bâtir une, en briques d'argile, crépie à la taloche, dans le jardin, se disant qu'on pourait toujours récupérer l'ancienne un jour et s'arranger avec les deux. Se séparer de la nouvelle pour actualiser l'autre...
On verrait bien, le moment venu !

Sauf que quand elle est partie, la Jeannette, on a trouvé des seaux, des baquets et des cuvettes, remplis d'eau, au pied d'une cheminée, dans une chambre inocupée.
Dès la montée d'esccalier du grenier, on a compris... Une goutte d'eau avait dû s'infiltrer sous une tuile plate gelée, avait sucé une baguette de lattis qui s'était allanguie, laissant un peu plus s'affaisser le tuileau, transformé en déversoir...
La latte voisine avait dû "copiner", puis la suivante, et à plusieurs, attaquer un chevron, puis deux, jusqu'à ce que la pente d'un pan entier du toit s'inverse, entre le faîte du toit et le piètement externe de la grosse cheminée, derrière laquelle elle on ne pouvait rien voir.
Increvalbles ces vieilles maisons de fermes champenoises. Sauf à vérifier deux choses : le seuil de chêne à laisser respirer, et le dessous de toiture à protéger de l'eau...
C'est l'occupant qui est censé surveiller. D'autant que Jeannette avait bien eu le temps d'apprendre d'Isidore et Nini comment il fallait faire.
Et notre Jeannette s'en était préocupée. Ajoutant en bas des gamelles pour protéger le parquet, trop gentille pour nous ennuyer avec ces broutilles.

Quand elle est partie retrouver l'Isidore et Nini (
et aussi son mari) on s'est mis en quête d'un artisan spécialisé dans la reconstruction d'ancien. Sur pied, la maison, on ne pouvait plus rien en faire. Pour la réparer il aurait fallu trouver sa soeur, déshabiller l'une pour pouvoir rhabiller l'autre.
Il ne s'en est présenté qu'un, qui a désacouplé les tenons et mortaises de l'ossature, les a marqués au fur et à mesure de signes géométriques au feutre rouge pour pouvoir en réunir assez qui feraient une maison plus petite qu'il allait rendre plus "actuelle".

Peut-être qu'il la proposerait aux vacanciers de notre tout nouveau plan d'eau.
A pas 20 kilomètres de là on remuait la forêt et la terre pour faire un lac qui régulerait les eaux de la Seine. Durant les travaux, on l'appelait "réservoir Seine". Après on lui a donné un autre nom, plus attrayant, "Lac de la Forêt d'Orient".
La Ville de Paris participait au financement, la région et le département y versait leur écot : on leur en avait promis des retombées touristiques importantes.

Je n'ai jamais revu la maison, ni ce qu'il en avait fait.
On s'est habitués à la nôtre, qui trône dans le jardin de Nini depuis maintenant quarante-cinq ans.
 A la place de la sienne, un cerisier nous murit ses fruits. Une idée de notre petit-fils quand il avait quatre ans... Il est en terminale aujourd'hui

Par aben - Publié dans : Témoignage
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Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /Jan /2007 07:36

A droite de l'arbre mort...

 

 J'ai fait pencher un peu le clocher, pour compenser la branche de l'arbre... ou parce que j'étais de biais, perché sur un talus.
J'ai remis l'arbre à la gauche de la chapelle : la droite n'est pas la place habituelle de ce qui reste d'un arbre de bois mort.  
Du lierre l'enserre, le corsette, pour qu'il se tienne encore un peu droit, ou pour seulement lui sucer le peu d'humidité de sève qu'il lui reste à sécher...
Chez les humains, il arrive qu'on soutienne un roi le temps nécessaire à lui trouver un successeur...
Un roi ou un empereur, qu'on appelle Président de nos jours...

Par aben - Publié dans : Au jour le jour
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Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /Jan /2007 09:42
Il est une église, au fond d'un hameau, dont le fin clocher se mire dans l'eau...
Hélas, mon village est sans le moindre petit ruisseau ! Et le clocher n'est pas celui de l'église, mais celui de sa chapelle.
N'empêche, c'est de ce côté plus humble que le soleil choisit, tous les soirs, d'aller se reposer.
Lever tôt le matin derrière l'église romane, il s'endort comme les poules du côté le plus calme.
Tous les matins, dès que ses premiers rayons frappent leur airin, les cloches de mon église appellent ses ouailles à leur messe au quotidien.
Le glas de la chapelle les laissent le plus souvent en paix. De son milieu d'allée de cimetière, il ne tinte que pour l'invite finale.

NB :J'ai pris deux photos de ce coucher de roi, celle parue hier et une autre, à paraître demain.
A présent, je vais essayer de passer tous vous voir. Je fais toujours, systématiquement, toute ma liste de liens, dans l'ordre... Ca prend un peu de temps avec mon matériel actuel...
A tout bientôt



Par aben - Publié dans : Poésie
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Vendredi 5 janvier 2007 5 05 /01 /Jan /2007 07:22

Panorama du soir


Bientôt la nuit sera sur mon village,
l'arbre mort regarde le paysage,
le vieux clocher de la petite chapelle
et son oiseau perché, qui dit d'où vient le vent...
Derrière leurs deux silhouettes,
on dirait un plan d'eau,
un étang ou le recoin d'un lac.
Les nuages seulement dessinent ce décor.
Ceux du haut de l'image vont descendre,
pour enfermer la nuit  derrière un rideau noir
et reposer les yeux des couples endormis...

 

Par aben - Publié dans : Au jour le jour
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Texte Libre

Soixante-dix ans
quand j'ai commencé le blog

74depuis le
11 fevrier 2009

J'habite dans un
petit village de
Champagne
J'ai aimé écrire,
jardiner, bricoler.

Aujourd'hui
Je cuisine

 

 Ma biblio perso
extraits sur demande par mail
andretieno@cegetel.net

 PdR 5 €

PdR 6 €


PdR 12 €

PdR 5 €

PdR 5 €

Pour tous renseignements :
andretieno@cegetel.net 

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