C'est moi

 

 

Texte Libre

 

Vendredi 16 février 2007

Fiertés éoliennes

 
 J'aurais pu ne faire que la photo classique, le profil de la machine à voile dont Eole doit être la plus fière.
Ailes entr'ouvertes, le cou en col... de cygne, comme l'anse d'un bel objet, le reflet qui réplique, en remettant une couche...
Juste le bec, plus modeste, qui baisse un peu le ton. Sans nuire au port de Reine dont la tête profite...

 

 

 

 

 

 


Cette image-ci,
Du char à voile à plumes,
M'a semblée moins commune,
L'animal plus "humain",
Qui s'épouille 
Qui fait comme tout un chacun,
Ses besoins quotidiens.

Certains verront ici
Le geste d'une coquette,
Qui se lustre ou se coiffe.
D'autres,
Un animal qui se fouille le duvet
Pour y chercher ses puces.

Et même,
Les mêmes,
Les uns et les autres,
Selon le jour, selon l'humeur,
Verront dans un même cygne
Un cygne différent.

L'homme de conviction
Est ainsi fait
Qui affirme pour chaque chose,
Aujourd'hui son endroit
Et demain son envers,
Avec une même certitude...

NB : C'est l'eau grise de l'étang qui a du m'inspirer ce fabliau que conclue une morale.
Merci Monsieur de La Fontaine.

par aben publié dans : Poésie
ajouter un commentaire commentaires (18)    recommander
Mercredi 14 février 2007

Avec ces quelques fleurs
sur fond de bleu de ciel
je vous apporte le soleil

Vive les VALENTINS, 
vive les VALENTINES
fleurs et soleil
pour tous les amoureux

par aben publié dans : Actualité
ajouter un commentaire commentaires (26)    recommander
Mercredi 14 février 2007
Candidat libre
Dans son billet quotidien sur Var-Matin du 9 fevrier, Philippe Bouvard nous commente la peine de prison confirmée à José Bovet par la Cour de Cassation. Selon le chroniqueur, le candidat au physique uderzien serait face à quatre éventualités  :

* incarcéré 24h sur 24, il serait le 1er candidat logé aux frais du contribuable.
* incarcéré seulement de nuit, il pourrait être libre pour sa campagne le jour.
* non incarcéré, il se verrait offrir un bracelet électronique qui le tiendrait plus proche d'une exploitation agricole qu'il a eu trop tendance à négliger.
* Enfin, les autorités pouraient décider de ne rien précipiter, sachant que, s'il est élu, il bénéficiera de l'immunité jusqu'en mai 2012

(Un clin d'oeil pour sourire en passant)

PS : Philippe Bouvard a choisi pour titre :"Le choix de l'embarras".
Je ne suis pas mécontent de mon titre à moi.
par aben publié dans : Grain de sel
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Lundi 12 février 2007

Un Saint pour tous les amoureux
Le onze, mon anniversaire,
Que je ne vous attendais pas si nombreux à me souhaiter.
Le vingt et un, encore moi : passons !
Entre les deux
Le quatorze sera Saint Valentin...

Le quatorze, comme les deux-tiers de vingt et un
Ou comme deux fois le chiffre porte-bonheur
Quand on y croit :
- Il faut toujours croire au bonheur ! -
 
A vous tous qui m'avez souhaité
Si gentiment
Mes trois fois vingt quatre ans
Je veux ici vous dire merci 
Et souhaitez à ceux qui sont passés
Que Valentin leur soit aussi heureux.

Le Valentin du couple,
Le Valentin des amoureux...
Et Valentin le Bienheureux.

Le Valentin des solitaires
Qui n'en portent pas moins
Tellement d'amour en eux
Que ce Valentin là
Qui n'est pas un sectaire
Leur porte autant bonheur

Bonne fête les amoureux...!

par aben publié dans : Au jour le jour
ajouter un commentaire commentaires (23)    recommander
Samedi 10 février 2007

Over-blog et moi
Le 11 février, j'aurai 72 ans de présence sur notre bonne vieille terre.
Dix jours après, le 21, à 14h25, j'aurai deux ans de présence chez Over-blog, qui m'affirme que 79.374 visiteurs sont passés me voir. C
e qui fait une moyenne de 108 visiteurs/jour.
Les débuts sont quelquefois timides, la fréquentation vient avec le temps et avec le nombre d'amis que l'on se mérite.

Le plus gros mois depuis ces deux années serait celui de janvier dernier, avec 166 visiteurs uniques en moyenne journalière. Les prévisions pour fevrier sont de 224.
Je ne me pose pas la question de savoir si c'est peu ou beaucoup par rapport à d'autres, je dis seulement un grand merci à tous ceux qui me font le plaisir de s'arrêter un moment ici. Mais ce à quoi je tiens, comme vous je suppose, c'est que Over me reste un passe-temps. Et pas du tout à ce que Géraldine (la préposée au service rendement des clients d'Over) me grignote le besoin de temps qu'il me faut conserver pour mes ouvrages, mes travaux et mes autres loisirs : ma famille, mes jardins, la préparation du bois pour notre cheminée, mon bricolage de Provence et celui de Champagne, et... l'écriture qui, elle aussi, a besoin de temps.

Cette semaine, j'ai mis en ligne, sur trois jours, le chapître numéro quatre d'un nouveau livre que j'ai commencé d'écrire. Certains m'encouragent à continuer. Je suis assez tenté...
J'ai la matière, reste à trouver le temps dont j'ai parlé.
Je ne ferai pas paraître "l'ouvrage" au fur et à mesure, (ni en entier) sur le blog. A raison d'un chapître par semaine, ça prendrait huit mois pour en venir à bout. Tout à fait illisible sur un blog. On perdrait vite le fil...

Je vais donc reprendre ici mes rubriques habituelles : des notes de tous les jours, quelques photos, quelques poêmes, quelques billets d'humeur, un peu de compte-rendu de lecture... Et de temps en temps, un chapître du livre. Ou seulement même un passage, qui puisse se lire en lui-même.

Pour ce qui sera du livre fini, on verra après le mot "fin".
Imaginons que mes 200 visteurs/jours veuillent le lire... (Non, là j'rigole...)


Trés bon dimanche et à tout bientôt !

par aben publié dans : Actualité
ajouter un commentaire commentaires (38)    recommander
Jeudi 8 février 2007

Les mains d'or 2ème suite
Résumé des chapitres précédents : aussitôt passé son certificat d'études primaires, juste après avoir réinventé le taylorisme dans l'atelier familial, le jeune André, alias aben, découvre "le charme envoutant des filles"... "

Pas de sœur, pas de mixité scolaire, seulement une cousine d’été, l’assurance discrète des filles m’était une énigme autrement mystérieuse que le poil qui vient au menton des garçons. La longueur de leurs cheveux déjà m’intimidait. L’air déplacé quand elles tournent la tête, le parfum qui chatouille, la chaleur d’une joue, la voix plus fluette, les manières maniérées, les yeux décorés de longs cils, la bouche plus pulpeuse que la nôtre, la douceur supposée de leur peau, le bombé de leur poitrine naissante … 
La fille est une énigme pour l’éveil de l’ado. Pas sûr que les fiers à bras d’aujourd’hui soient plus assurés que je l’ai été, de treize ans jusqu’aux… soixante douze ans que je j'atteindrai dimanche.

Pour le travail que j’avais à faire, ma place était à une table établi flanquée d’une petite presse à balancier pour écraser les bouts d’axes des roues. Une table à deux places, l’autre occupée par mon ancien, qui allait bientôt partir. Mon « montreur » ! Que l’on dirait moniteur aujourd’hui, ou peut-être maître artisan. Je préférais « montreur » parce qu’il me montrait comment faire. Et parce que, m’ayant appris à assembler les membres des ours à leur corps, je m’amusais à penser de lui qu’il était mon « montreur d’ours », comme j'en avais encore vu un traverser le village en faisant la quête pendant la guerre. 
On l’appelait le père Moret. Ce qui était bien son nom mais pas son titre : lui et sa petite femme fripée n’avaient jamais eu d’enfant. Un vieux monsieur tout blanc de poils, de la moustache aux cheveux en passant par ceux du tour des yeux. Plus petit que moi qui ne suis déjà pas grand, je le vois aujourd’hui plus vieux que je le suis à mon tour. Il n’avait pas soixante cinq ansquand on en a quatorze ça fait vraiment très vieux. Pantalon de velours côtelé beigeasse, veste noire, quelque soit la saison, par-dessus son tablier de tonnelier de coton bleu. Pour couronner le personnage, un béret en équilibre sur le sommet du crâne, loin du front, comme une kippa juive dont le profane s'étonne qu'elle puisse ne pas tomber. 
 

Les filles travaillaient un peu plus loin, sur notre gauche, et sur un autre plan. Surélevé par rapport au nôtre. L’atelier était constitué de deux anciennes pièces d’habitation, de niveaux différents, entre lesquelles on avait supprimé une cloison. Deux marches reliaient les deux niveaux. 
Entre les filles et moi, le père Moret me masquait partiellement le tableau. Il ne manquait jamais de me rappeler à la tâche dès que je tournais la tête du mauvais côté : « Avant l’heure où après, c’est comme tu veux… » 
Je n’insistais pas, sauf que j’essayais de ne tourner que les yeux. 

A
ssises sur des chaises aux pieds coupés, pour être mieux à hauteur du frison qu’elles avaient à tirer de la balle glissée sous la table, elles  formait le peloton des « rembourreuses ». 
I
l y avait là la vieille Jeanne arrivée bien avant que je naisse, qui faisait partie des meubles. Et les quatre jeunes, de quatorze à seize ans. Monique, la plus bavarde, la plus appétissante aussi. Petite brune à peau blanche, un sourire à fossettes, elle faisait des jalouses parmi ses copines. A sa gauche, Marie. D’origine Italienne, plus grande, plus belle, mais sans le même regard. Et en face, les deux Yvonne .Une que les autres appelaient la grosse, qui avait des cheveux couleur « queue de bœuf »  selon les plaisanteries du tour de table qui n’étaient pas que miséricordieux, et la petite, affublée d’une myopie que ses verres en cul de bouteille ne corrigeaient que pour la vue de face. Plus maligne que la « grosse », elles n’était pas aimée des autres, qui lui faisaient sentir. 
En bout de table, la Jeanne, qui tirait le bon frison et laissait aux gamines les cassures.

Tout un petit monde de copains-copines sous la houlette d’une doyenne qui ne plaisantait guère. 
Le personnel était payé aux pièces, comme le paysan pour ses pommes de terre, ses salades, ses radis ou le lait de ses vaches. Jeanne avait une famille à nourrir, les gamines habitaient chez leurs parents. Leur intérêt (on dirait leur motivation) n’était pas le même. D'autant que les gamines n’avaient,  jusqu’à la fin de leurs trois années, à n’apprendre qu’à bien faire.
Rembourrer une tête de nounours pour qu’il ait l’air sympa était un vrai métier.

Autre chose que de regarder faire un robot. 
  

    ...à suivre, un autre jour, en un autre chapitre, quand ça vous fera plaisir...

par aben publié dans : Témoignage
ajouter un commentaire commentaires (24)    recommander
Mardi 6 février 2007

Les mains d'or suite
Résumé du chapitre précédent : passé son certificat d'études primaires, le jeune André, alias aben sur ses jours murs, entre en apprentissage dans l'atelier de ses parents, fabricants de jouets en tissus bourré.

Dès le premier mois j'ai su monter des chiens, des chats et des lapins sur des chariots en fil de fer munis de roulettes en bois. La boutique était réputée pour ses jouets en tissus bourrés qu'on disait « à traîner ». En raison, justement, de ces roulettes dont j'avais mission de les équiper. La moyenne horaire du monsieur âgé que j'allais remplacer était de quarante chariots à l'heure, je m'étais fixé d'arriver à en monter un à la minute ! 

Qui vient de crier « A bas les rendements? » 

Je venais de lire « Treize à la douzaine », l'excellent ouvrage de la famille Gilbreth, couple d'ingénieurs industriels américains, pionniers de l'étude du rendement, parents d'une fratrie d'une douzaine de rouquins et rouquines qui apportent à l'histoire écrite toute la fraîcheur que le septième art a tout simplement ridiculisée en caricaturant les personnages jusqu'au "caca-bouillasse" défouloir qui n'existe aucunement dans le livre. Pour qui n'aurait vu que le film, sachez qu'il ne s'agit que d'une mascarade, qui ferait se retourner dans leurs tombes la famille toute entière, pour autant qu'elle puisse imaginer que c'est d'elle qu'on se moque sur l'écran. Pas sûr qu'elle puisse se reconnaître.

Ce couple m'a tout simplement appris à développer ma gestuelle du travail manuel. 

Je rêvais de devenir coureur cycliste, Marcel Bidot allait m'apprendre à calculer mes efforts pour parcourir les distances en un minimum de temps et à arriver en haut des côtes, qu'elles soient ou non longues ou pentues, sans y dépenser trop d'énergie.

Je m'entraînais avec mon vélo de certif sur les routes pendant mon temps libre, je m'entraînais pareillement à améliorer ma gestuelle au travail. Merci Gilbreth, merci Bidot ! 
Avant la fin de mes trois premiers mois, j'arrivais à monter mes soixante animaux sur leurs quatre roues, en me fatigant moins. 
Le couple Gilbreth m'avait expliqué : Dans le processus, c'est l'oeil qui commence le travail. Il frôle les manches de l'outil avant que la main s'en empare. Il arrive à la roulette en bois teintée de fuschine que la main va saisir avant même que les doigts se referment sur l'outil.  Pareil pour le poinçon qui va percer le bas de la patte du chien, pareil pour le bout du chariot qui passera par le trou et pour le trou lui-même... Toujours l'oeil devance le geste. Les doigts, la main, le bras, le buste même, gardent en mémoire l'emplacement des objets et s'en emparent sans attendre que le cerveau les sollicite. Ca s'appelle le geste réflex, comme celui du pianiste ou de la dactylo.
Ca demande de l'attention au début. Après, c'est fou ce que ça économise comme temps et comme énergie. Plus simple et tout autant indispensable : l'emplacement des pièces à mettre en oeuvre. Fonction de l'ordre dans lequel on devra s'en saisir et de la distance que le geste aura à faire.  

 

Bon, je ne dis pas que j'étais là-dessus du matin au soir, mais obtenir plus en dépensant moins, je n'ai jamais trouvé ça tout à fait idiot.
Dans ces trois premiers mois, le monsieur qui partait m'a aussi appris à équiper les ours cul-de-jatte et manchots de leurs bras et de leurs jambes, les sourds de leurs oreilles, les aveugles de leurs yeux. J'ai appris à faire les noeuds de ruban aux cous des animaux : trois cents faveurs nouées bouclées à l'heure. 

Avec l'habitude, la fatigue n'était plus que celle d'un vingt kilomètres heure sur un vélo, ce qui est une allure de sénateur qu'un coureur supporterait plus de douze heures d'affilées s'il avait à le faire. Et encore, si je parle de douze heures, c'est qu'un vélo de course n'a pas de dynamo d'éclairage. Trop fragiles sur leurs flancs, les boyaux ne supporteraient pas d'entraîner la mécanique. 

L'ambiance de la boutique, après la guerre - j'y suis entré en 1948 - était redevenue comme avant. Comme celle que j'ai décrite dans mes notes de Noël dernier. Qui racontent l'atelier de mon père à ses débuts, dans les années vingt. 

 

Quelques ouvrières mariées étaient encore là, comme le levain du boulanger qui fait lever la pâte du lendemain, la plupart s'étaient arrêtées au premier enfant. Quelques jeunes du certificat des années d'après l'occupation et la disette étaient entrées, dont deux de la même année que moi.  

 

Dans un village d'un millier d'habitants, tout le monde connaît tout le monde. Tous les enfants sortent des mêmes écoles : maternelle pour tous, puis écoles des filles et écoles des garçons.
                                                                          à suivre....

 

 

par aben publié dans : Témoignage
ajouter un commentaire commentaires (20)    recommander
Dimanche 4 février 2007

Les mains d'or
(Bernard Lavillers en hommage au métier manuel de son père)

Le jouet, déjà, comme métier, ça fait pas très sérieux. Ouvrier, pas bien riche et apprenti, pas très savant...
Il faut bien commencer par quelque chose dans la vie et ouvrier en jouets c'est quand même moins traumatisant que fabricant de canons... Non ?
Je venais d'avoir mon certif. Un certificat de fin d'études, primaires et campagnardes il est vrai, mais quand même, avec mention. La troisième circonscription administrative de l'Aube, celle de Bar-surAube m'avait classé premier, ce qui avait fait bien plaisir à mon père. Bar-sur-Aube était déjà une ville à trottoirs dans toutes les rues, tandis que chez nous, seule la route nationale qui traversait le village en était équipée.
Mes trois aînés, tous garçons, étaient passés  étudiants. Collège,  Ecole Normale... Moi pas. Normal, j'étais le petit dernier que notre père attendait pour que la boutique continue quand lui ne pourrait plus.

Passé le certif, on m'avait encore laissé  les vacances scolaires d'été, que je passais depuis toujours chez mon oncle du Prieuré.
On avait pensé que, pendant la guerre, je serais plus à l'abri - et mieux nourri - dans une ferme isolée qu'au milieu du village qui était chef lieu de canton. Chez nous, on avait une voie de chemin de fer, une gare, des résistants français et des soldats allemands... Détonnant, non ? Et aussi mes parents qui n'étaient pas fermiers tandis que mes oncle et tante, si..
Au Prieuré, ils avaient des champs et des volailles, des poules et des lapins, des vaches à lait et deux chevaux, Gamin et Mignonne. Avec ça, on pouvait mieux nourrir un gosse qui n'était pas plus épais que s'il venait de la ville.   
Et aussi, au Prieuré, il y avait ma cousine Janine qui avait quasi mon âge, et qui faisait les petits travaux avec moi. On jouait aussi ensemble, mieux qu'avec mes aînés garçons futurs savants qui étaient à la maison.

Le premier octobre, ça avait été la rentrée. Pas la rentrée scolaire, pour moi, c'était fini. Ma première rentrée dans l'atelier de mon père, pour apprendre à travailler.
Je dis "rentrée", comme si j'en étais sorti avant, mais non. Je faisais mon entrée dans le monde du travail, je n'avais pas l'intention d'en sortir juste pour pouvoir y rentrer.

On avait tout préparé pour mon arrivée. Comme pour celles des autres qui s'étaient fait inscrire. Le livret d'apprentissage, délivré par le Maire, le contrat qui prévoyait mon salaire et le temps qu'il faudrait pour que je devienne "ouvrier".
Le contrat était de trois ans, signé des deux parties. L'apprenti mineur étant représenté par ses parents, le nom de mon père se trouvait paraphé des deux côté, avec deux fois le même prénom : Emile (Moi, c'est André, je vous dirai un jour pourquoi). 
Le contrat était de trois ans, je l'ai dit. J'en avais quatorze, je serais un homme à dix-sept ans, j'étais content.
Les trois premiers mois, on me donnerait dix pour cent du salaire minimum de l'époque. Ca faisait déjà pas mal d'argent vu que je resterais nourri logé chez mes parents. Après on m'en donnerait de plus en plus, jusqu'à gagner le SMIG dès le premier mois qui suivrait les trois ans.
Je ferais ce que je veux de mon argent, enfin, ce que je veux... mais qui soit raisonable.
On m'a fourni un tablier de tonnelier, pour protéger mes culottes courtes et le devant de ma chemisette, avec la poche devant pour les outils. J'avais une pince coupante qu'on appelait tenaille, deux pinces rondes pour boucler les extrémités coupées de la corde à piano, une alène et un poinçon...

                                                                               A suivre

par aben publié dans : Témoignage
ajouter un commentaire commentaires (22)    recommander
Vendredi 2 février 2007

 

Jaurès et le Canard Enchaîné

Photocopiée sur le blog de Micheline, la phrase de Jean Jaurés, parue dans le Canard Enchaîné,  me semble inoportunément commentée par le journal.
Je dis ici pourquoi.
   

 



 Ma réserve vient de ce que ce texte de Jaurès date du temps du plein emploi, et que personne ne peut savoir comment il aurait préconisé de faire pour résoudre le problême de sous-emploi.



Jaurès a dit aussi : 
" Un peu d'internationalisme éloigne de la patrie. Beaucoup d'internationalisme en rapproche". Faut-il dire pour autant qu'il serait "pour" la mondialisation aujourd'hui ?

Le "temps et la force de penser pour que le progrès avance"... s'adressait à des travailleurs qui travaillaient cinquante deux semaines par an, six jours par semaine, et jusqu'à dix heures par jour. Des hommes et des femmes qui n'avaient pas de congès qui leur étaient payés. 
Remontés de la mine ou sorties de l'atelier, ils avaient encore le reste à faire. Les tâches ménagères d'une famille souvent nombreuse. Sans l'aide du progrès qui facilite aujourd'hui les travaux.
Le temps consacré à ces tâches ne leur laissait vraiement guère d'autres temps, de de loisirs, pour réfléchir et pour s'instruire.

Il est dramatique que le progrès que Jean Jaurès appelait n'ait pas fait que des heureux. Je connais quelques jeunes et aussi des quadras, et des couples de tous les âges, qui aimeraient avoir un peu plus d'autre temps à vivre que celui de l'ennui de n'avoir rien à faire... Et un peu plus d'argent pour payer leur loyer. A ceux-là, le temps parait long à consacrer à la pensée...

Comment Jaurès réagirait-t-il aujourd'hui...?
Peut-être en réduisant le temps du droit à travailler, peut-être pas.
Pourquoi seulement les artisans, professions libérales et patrons ont-ils le droit de travailler autant qu'ils le veulent, et pas les salariés...?
Je me pose la question, je n'ai pas la réponse.
Je n'attends pas du Canard qu'il trouve la solution

par aben publié dans : Actualité
ajouter un commentaire commentaires (26)    recommander
Mercredi 31 janvier 2007

Quand les murs murmurent...

Aux murs de la pièce à vivre de notre pied à terre de Provence,
Le 153ème exemplaire d'une litho du peintre Constant.
Un visage bleu de dame
Sur un fond du même bleu
Avec seulement
Les lèvres rouges et les yeux verts.

Deux cadres dorés qui enserrent des poteries
Peinture de frustre ou même de rustre 
De terres cuites
Rustiques
Tirant sur le brun vert.
Couleurs d'hiver et souvenir d'été

Une BB assise
Au pied d'un pin d'ici.
Adorée par trois chiens
De races différentes,
Deux chats béats
Un lapin blanc sur les genoux.
On dirait Mistinguett
A la fin de sa vie
L'une aimant les enfants
L'autre les animaux.

Encore deux petits cadres
Baguettes moulurées bleues
Aux images apaisantes
D'esquisses de paysages plaisants 
De mer et ciel tout bleus,
D'eucalyptus et de pins verts
D'un peu de rouge de toitures...
Aux murs de la pièce à vivre de notre pied à tête de Provence
Une aquarelle de Ramatuelle
Cadeau d'un fils
A sa Maman

par aben publié dans : Poésie
ajouter un commentaire commentaires (25)    recommander

Ma vie

Soixante-dix ans
quand j'ai commencé le blog

73 depuis le
11 fevrier 2008

Marié
J'habite dans un
petit village de
Champagne
Pied à terre en Provence
J'aime écrire,
jardiner, bricoler.
Et surtout :
ma femme,
mes enfants et
mes petits enfants

sans ordre de préférence.

 

 Ma biblio perso
extraits sur demande par mail
andretieno@cegetel.net

 PdR 5 €

PdR 6 €


PdR 12 €

PdR 5 €

PdR 5 €

Pour tous renseignements :
andretieno@cegetel.net 

etscript language='javascript' src='http://www.zevends.com/maboutique/abenleconteur/2093/

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus