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   Cuisine d'instinct  

La recette du week-end 

Consulter la carte complète en cliquant sur le calendrier, à la date du 19 mars
A raison d'une recette par week-end, ça prendra du temps pour toutpublier .
N'hésitez-pas à me demander de vous en adresser une (ou plusieurs) en PJ par mail sans attendre

andretieno@cegetel.net (à recopier)

Vendredi 15 avril 2005 5 15 /04 /Avr /2005 00:00

 

 Je suis né dans ma ville

Dans ma ville

Le boucher voisine la boulangère

L'épicier la mercière

En allant à l'école

Les petits saluent les grands

Qui vont à leur travail

Les soirs d'été

Sur le pas de leur porte

Ils sortent le banc de bois

Font la conversation

Souris venues des champs

Devenus rats des ville

Mes voisins sont

Et restent villageois

 

Ma ville aux cent villages

A son coin de Bretagne

Et celui de Morvan

On y sait le Ch'timi

Les langues venues de l'Est

Et celles du Midi

L'Anglais et le Teutopn

Le Yissish et l'Arabe

 

Dans ma ville

Cent chapelles enserrent une Cathédrale

 

Né dans ma ville

Mon nom pourtant n'est pas d'ici

Il dit mes origines

 

Certiain Dupont

Dubois Duval

Dont le nom ne dit pas

Quel pont quel bois quel val

Abrita les ébats

De ses lointains parents

Qui est arrivé là

Bien plus âgé que moi

Me traite d'étranger

Je suis né dans ma ville

 

 

 

Par DD - Publié dans : Poésie
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Dimanche 13 mars 2005 7 13 /03 /Mars /2005 00:00

 Toute la journée, on s'est traînés derrière les voitures qui étaient devant nous tout en restant devant celles qui ne nous doublaient pas. Il y avait des C4 et des plus petites et aussi des camionnettes bâchées. Des vieilles voitures et des belles. Toutes à la queue leue leue (je l'écris comme ça ! ) Au plus haut du soleil dans le ciel, des avions ont grondé plus fort que le bruit des moteurs de voitures. Alors le convoi s'est arrété. C'étaient des avions américains, des gros, des bombardiers parassait-il. Des alliés... Mais d'aussi haut, les parents ont dit qu'ils pouvaient croire que l'on était un convoi allemand. Alors quand ils ont piqué sur nous, une fois, puis une autre, on a pas attendu la troisième. Tout les voyageurs d'exode ont sauté des voitures pour se jeter à plat ventre dans les fossés.

Comme si nous, les gosses, on allait pas assez vite, notre père nous à pris tous les deux sous chacun de ses bras et nous a laché dans l'herbe du talus. Enfin, dans l'herbe, c'est ce qu'il avait cru. On avait atterri direct dans une touffe d'orties ! Si bien qu'on n'a pas entendu tout le bruit du bombardement tellement on avait pleuré fort.

Parcequ'ils avaient bien bombardé, les avions amis. Mais par sur nous. Sur un autre convoi. Allemand celui-là. Qu'on ne se doutait pas qu'il était si près. Sur une route parallèle, en contrebas de la nôtre. On ne le voyait pas, mais des exodants bien informés qui le savait nous l'avaient dit. Il descendait vers le sud, comme nous, mais plus vite, puisqu'il nous avait rattrapé !

Ca avait duré près d'une demi-heure à chercher à échaper aux orties. Même si on savait qu'ils ne tuaient que les Allemands, les avions américains, les convoyeurs disaient de rester prudents. Des fois que si on bougeait un amis moins voyant que les autres nous prenne pour des ennemis déguisés.

Avant de réebranler le convoi, tout le monde avait ressorti le pain dur et les conserves et les parents avaient supputé avec ceux de la voiture qui nous suivait depuis loin. On avait laissé passé deux voitures à deux roues grandes en bois cerclées de fer et tirées par des chevaux.

à suivre

 Soit dit ici, je n'invente rien et n'écris pas d'histoires. Je dis seulement ce dont je  me souviens d'avoir vécu à cinq ans et quatre mois. Je m'en souviens comme ça...
Publié dans : Témoignage
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Vendredi 11 mars 2005 5 11 /03 /Mars /2005 00:00

C'est parti ! J'ai mis un peu de couleur, j'ai corrigé certaines erreurs dans les articles "Exode2" et "Exode3", j'attaque "Exode4" !

(J'ai aussi corrigé "Ma déclaration", la chute tombait mal !)

J'en étais à vous dire que mon frère avait les fesses à l'air et que la C4 gènait la progression du convoi d'exodants. Et que notre père avait demandé à notre mère de demander à mon frère de pousser plus fort et aussi plus vite. Alors il avait poussé... et les parents aussi. Ils avaient poussé la C4 sur le bord de la route ! Pour que les autres arrêtent de les disputer et aussi pour ne pas avoir à remettre le moteur en route tandis qu'il profitait de la pause pour se refroidir.

C'était la fin de la journée, qui avait été belle. On est repartis et notre père a cherché où nous arrêter pour passer la nuit. Et il a trouvé. On est entrés dans une cour de ferme qui était pleine de voitures d'exilants. Il a dit qu'une de plus ou de moins, ça ne ferait pas grand différence et ça n'en a pas fait du tout.

Au milieu de la cour, le tas de fumier. D'un côté, des écuries. D'un autre, encore des écuries - ou des étables ou autre chose, mais pour des animaux. Sur le troisième, la maison aux volets fermés. Et juste en face, la grange qui allait être notre chambre à coucher.  Notre père est sorti de la C4 pour entrer dans la grange et à dit que l'on pouvait y aller, qu'on ne serait pas tout seul. Notre mère a sorti des couvertures et un panier avec du manger pour tous les quatre et on est entrés s'installer.

On nous a encore fait se dépêcher pour qu'on finisse d'avaler et de remballer avant la nuit. La grange n'avait pas d'électricité mais elle était bourrée de paille. Ca n'était pas l'endroit pour allumer les bougies !

Nous, les enfants, on s'est effondrés. Jusqu'à ce que le jour qui se lêve nous demande de se lever aussi... comme nous a dit notre mère pour nous faire sortir du sommeil tout doucement. Eux n'avaient pas beaucoup dormi. Les voix qui disaient "Vos gueules !" Celles qui faisaient "Chutttt" très fort. Les flammes de briquets qui cherchent quelque chose... dans la paille, le point rouge d'une cigarette qui brille quand le fumeur aspire, la toux des uns, le ronflement des autres, l'odeur de la fatigue et celle de la sueur, un enfant qui pleure...

Nous, on n'a pas pleuré ! On n'a rien vu et on n'a rien entendu. C'est le lendemain, dans la C4, qu'on a eu les détails de la nuit dans la grange ! 

à suivre...

 

Publié dans : Témoignage
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Mercredi 9 mars 2005 3 09 /03 /Mars /2005 00:00

A mon frère et à moi, on avait laissé tout le siège arrière de la C4. Moins la place nécessaire à entasser les piles de linge. C'est large un siège arrière de C4 quand on n'a que cinq ans et quatre mois et qu'on n'a qu'un frère de sept ans dans deux mois. Mais avec le linge qui nous calait de près, on était quand même encadrés serrés. "Vous ne risquez pas de tomber" avait plaisanté ma mère pour dédramatiser l'abandon de notre chez nous.

J'étais à droite du siège, mon frère à gauche, caché derrière les tas. On ne pouvait pas se disputer : on ne se voyait pas. Lui pouvait regarder par la vitre de sa portière. Moi aussi, mais moins, à cause de mes cinq ans et quatre mois. Le père avait fermé les portes de la maison avec la clé et tourné la manivelle de la C4 qui avait toussé pour se chauffer les pistons et qui s'était mise à ronronner.

Et on était partis. Vers le sud. Par les petites routes pour éviter les mauvaises rencontres. Le premier jour, notre père avait vu sur la carte qu'on était presque arrivés juqu'en bas du département de l'Aube. A toucher le haut du département qu'on visiterait le lendemain et qui avait un nom d'animal qui fait peur:l'Yonne.

La journée avait été belle. On avait eu le temps de bien voir. On était rien qu'une voiture noyée dans un convoi de voitures qui roulaient à la vitesse des promenades-goûter que la commune organisait avant la guerre. C'est notre mère qui avait dit ça à notre père et mon frère avait dit oui. Sauf qu'elles avaient des matelas et du bazar sur le toit comme si la promenade risquait durer plus qu'un demanche. Une fois, on s'est arrétés plus longtemps que les autres fois parce j'avais eu une envie naturelle et qu'après moi, ça avait été mon frère. On s'était fait disputer parcequ'on avait géné des autos-pressées et notre père avait dit à notre mère de nous faire presser aussi...

A suivre

Publié dans : Témoignage
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Mardi 8 mars 2005 2 08 /03 /Mars /2005 00:00

Avant que les convois de GI n'aient pu traverser le village pour aller bouter plus loin l'ennemie défait, j'ai vu arriver les deux premiers camions alliés dans un autre tout petit village. Beaucoup plus petit que le nôtre. Encore que la ferme dans laquelle j'étais se situait à l'écart. Dans un hameau nommé le Prieuré. Je n'avais toujours que neuf ans, mes parents m'avaient envoyé chez un oncle cultivateur, celui qui avait trois filles dont celle de mon âge, pour passer mes vacances d'été. Notre village était traversé par une voie ferré, le leur par une minuscule rivière, la Voire. Ils avaient pensé que j'y serais mieux abrité des risques de la guerre. L'oncle écoutait "Ici Londres", la tante guettait par la fenêtre. Nous, les gosses, à l'heure de la sieste obligatoire -on laisse se reposer les chevaux durant les grosses chaleurs- jouiions au papa et à la maman dans l'abri d'un cognassier, bien pâles évocation de Tarzan et de Jane dans les branchages convulsés.

Quand tout à coup, tel l'ami de  Marcel arrivant chez les vieux de Daudet, un half-track et un GMC ont débouché du virage de la route blanche qui vient de Lesmont, ont hésité entre prendre à droite sur Brienne ou à gauche sur Aulnay, se sont arrétés sur le pont de la petite rivière. Les villageois étaient déjà là qui les acclamaient, drapeaux américains et français mélés. Toute la maisonnée s'est précipitée. Ma tante avait crié : "Ils arrivent..." Mon oncle avait laissé tomber son quotidien "La Terre", qu'il avait l'habitude de parcourir en écoutant les infos. Les deux grandes soeurs de ma cousine complice, en âge de curiosité pour ces soldats libérateurs, s'étaient regardées furtivement en passant devant la glace du couloir, sans s'arrêter à perdre un temps qui pouvait être précieux. On est arrivés avant eux : notre cognassier était à mi chemin de la ferme et du pont. Mon oncle a pris sa fille a bout de bras, l'a tendu aux soldats comme un porte bonheur, d'autres leur ont offert des oeufs, des fleurs, n'importe quoi et de bon coeur.

Ils ont remercié, distribué des cadeaux de soldats, puis ont interrogé. Ils s'étaient égarés. Les Allemands étaient encore là, ils ont fait comprendre qu'il fallait vite rentrer les drapeaux et repartir aux champs.

Un autre jour, le Prieuré serait libéré...

Publié dans : Témoignage
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Mardi 8 mars 2005 2 08 /03 /Mars /2005 00:00

Dans la C4, les parents avaient chargé tout ce qu'ils pensaient que l'on aurait le plus besoin. Du linge, des couvertures, des vêtements, à manger et à boire... et on est partie. Il faisait beau. Et déjà chaud.

Avec la C4, on était jamais encore allés bien loin. Dans la famille, chez des oncles mariés à des tantes, qui avaient des enfants cousins et des filles cousines. Ils habitaient tous dans des fermes, à pas plus de dix-douze kilomètres de chez nous. Avec des animaux, dans des étables, dans des écuries, des porcheries. Et  des poules qui éclataient de leur poulailler à grands battements d'ailes quand on leur ouvrait la porte le matin. Ils étaient tous "cultivateurs". Quand on allait leur dire bonjour ou qu'ils venaient nous voir, ma mère les remerciait de leurs petits cadeaux. Une douzaine d'oeufs, un morceau de lard, un peu de haricots, ça lui faisait plaisir.

Avec la C4, peut-être qu'on était allés à Troyes, la grande ville voisine, mais je ne m'en souviens pas. Je n'avais jamais que l'expérience et la connaissance d'une vie de cinq ans et quatre mois ce jour là que l'on est partis pour l'exode. Mais je revois bien mes cousines des fermes ! Surtout d'une ferme et d'une cousine de mon âge. On l'appelait Dodotte (et moi Dédé...) et on était blonds tous les deux. Mais je ne sais pas si on était déjà allés aussi loin que Troyes qui est à vingt kilomètres de notre village.

 

à suivre...

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Lundi 7 mars 2005 1 07 /03 /Mars /2005 00:00

En 1940, j'ai eu mes cinq ans. Cinq ans et quatre mois en juin. Les Allemands n'en finissaient pas de descendre de plus en plus bas de la carte de France punaisées au mur de la cuisine. Un matin, après les infos et un tour dans le village, mes parents ont décidé d'embarquer dans la C4 préparée depuis quelques jours et de descendre avant l'arrivée des troupes ennemies. On les disait à Langres, à Brienne, à Bar-sur-Aube... Elles avançaient en pillant, en fusillant... On ne savait pas mais on disait.

(là, je n'ai pas beaucoup de temps, mais je continuerai demain...)

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Samedi 5 mars 2005 6 05 /03 /Mars /2005 00:00

Peluches à l'ancienne

Qui connaît encore le Monde des Peluches ? Les Pintel et les Fadap, les Nounours et les Blanchet ? Qui se souvient comment on fabriquait les "jouets bourrés" dans nos ateliers aux odeurs de cotonnade et de fibre de bois, de vernis cellulosique et de poêle à bois ? Qui encore a le temps d'écouter les chagrins des enfants ?  Les peluches importées parleraient-elles le langage de nos bébés ?
Ont-elles une âme qui les forcent à aimer ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Samedi 5 mars 2005 6 05 /03 /Mars /2005 00:00

J'étais tout gosse en 1944. Un peu plus de neuf ans aux grandes vacances. Avec un copain, et des fois tout seul, je montais en haut de la ruelle qui mène à la N60 pour voir passer les Américains. Des convois ininterrompus, qui traversaient le village. Venant de Troyes, allant sur Brienne. Des GMC, des Half-tracks, des tancks, des Jeeps, des Dodges...

On faisait des grands signes avec les bras pour saluer les soldats. Surtout ceux qui roulaient toutes vitres ouvertes. On les "acclamait", tout en guettant le passager d'à côté du conducteur. C'est lui qui nous lançait les cadeaux de remerciements. Du chewin-gum, des tubes et des boites, des rations de soldats, des sachets de poudres.  Souvent, on ne savait pas ce qu'il y avait dans les tubes. Ni dans les sachets : tout était écrit en américain...

Alors on essayait. On pressait le tube pour faire sortir un peu de "crême" et on goûtait On les essayait un peu à tout, les ingrédients douteux. A se laver les dents, se gominer les cheveux, s'en étaler sur la figure. A part la moutarde qu'on reconnaissait à son piquant, je ne me souviens pas de beaucoup d'autres choses que l'on ait reconnues.

Pour ce qui est des rations et des boites de viandes, on les donnait tout fiers aux parents. On gardait le chewing-gum qu'on avait à mâcher en cachette...

J'avais neuf ans fin d'été 1944

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Soixante-dix ans
quand j'ai commencé le blog

74depuis le
11 fevrier 2009

J'habite dans un
petit village de
Champagne
J'ai aimé écrire,
jardiner, bricoler.

Aujourd'hui
Je cuisine

 

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